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Portraits

Mercredi 19 décembre 2007 3 19 /12 /2007 16:07

Nicole Renard, devant l'oeuvre brodée de sa vie (Reproduction interdite).

C'est une belle histoire, autant qu'une oeuvre d'art unique ! Nicole Renard, 77 ans, en retraite en Vendée, a accepté l'offre du conseil général de Vendée d'exposer dans une chapelle sa gigantesque tapisserie religieuse. Madame Renard a ainsi fait don d'un travail de broderie ininterrompu pendant 24 ans, les textes de saint Jean l'évangéliste retranscrit sur 140 mètres de pages de lin, soit sept rouleaux de vingt mètres : "C'est un chiffre saint, celui de Matthieu qui pardonne soixante-dix fois sept fois", glisse cette dame affable et discrète de Saint-André-Treize-Voies (Vendée, France), hôtelière à Eygalières, dans le sud de la France, puis restauratrice de tapisseries par sa passion et sa connaissance de la broderie. "Je suis heureuse que mon travail, que j'ai fait pour Dieu, soit placé dans la chapelle Saint-Sauveur du XIIe siècle de la Rocheservière, près d'ici. D'autres personnes expriment leur foi autrement, moi je ne savais que broder !". La broderie de Nicole Renard, qui ornera les murs de la petite chapelle au terme de sa restauration, en 2009, est étroitement liée à sa vie et à sa foi.

Enfant à Paris, sa mère lui apprit la broderie, et comme le voulait la tradition Nicole broda son trousseau de mariage. Plus tard, après une formation à l'école hôtelière, elle s'installe avec son mari dans l'hôtellerie à Eygalières. Mais en 1972, le couple se sépare, et Nicole Renard va donner un autre sens à sa vie : "J'avais fait la connaissance des Bobin, qui restauraient des tapisseries à Paris. J'ai tenu l'hôtel encore deux ans seule, et en 1974, j'ai commencé à broder les textes de saint Jean, en points de bourdon, enrichis de reproductions d'icônes ou de peintures qui, elles, sont brodées en points dits passé empiétant. Auparavant, j'avais aussi brodé le linge de l'hôtel !", s'exclame dans un éclat de rire Nicole, qui poursuit. " Les Bobin avaient un atelier de restauration à Paris, où ils travaillaient pour les plus grands musées, et ils remarquèrent mon travail. Ils décidèrent d'ouvrir un atelier à Eygalières, et je fus embauchée à 47 ans ! Nous fûmes jusqu'à seize personnes dans cet atelier de province, qui me permit plus tard de participer à la restauration de tapisseries comme l'Apocalypse d'Angers."

La résurrection de Lazare, extrait de la longue broderie de Nicole Renard (Reproduction interdite).

Et de 1974 à 1998, Nicole Renard poursuivit parallèlement son oeuvre personnelle, véritable prière manuelle qui se termina pour celle-ci en 1998. Soit 140 mètres de lettres saintes et de gravures colorées brodées avec soin, ou si vous préférez 48.000 heures de patience, et quelque 80 kilomètres de fils ! Tout est là, immortalisé sur la chaude toile de lin, du Prologue à l'Apocalypse. Une oeuvre d'abnégation aussi, que Nicole Renard ne destinait pas à d'autres qu'à Dieu. Mais la rencontre à Angers avec un Vendéen proche des services départementaux de Vendée en a décidé autrement. Dans quelques mois, les visiteurs de la chapelle Saint-Sauveur vendéenne méditeront sur un évangile brodé en prière...

Par Dominique Michonneau - Publié dans : Portraits
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Dimanche 9 mars 2008 7 09 /03 /2008 09:55

DrTheillierEtJPbely.jpg
Le docteur Theillier et Jean-Pierre Bély, 66e miraculé d'une sclérose en plaques, handicapé lourdement (Photos : Photothèque des Sanctuaires de Lourdes, reproductions interdites).
Médecin permanent du Bureau médical des Sanctuaires de Lourdes, le docteur Patrick Theillier vient de publier aux Presses de la Renaissance : "Lourdes, des miracles pour notre guérison". L'originalité de cet ouvrage est qu'il est le fruit des constatations et des enquêtes médicales d'un scientifique praticien, homme de foi, dont l'approche se veut aussi une exploration de l'âme humaine. Chaque année, six millions de pèlerins se rendent à Lourdes, qui marque cette année le 150e anniversaire des apparitions à Bernadette Soubirous. Mais qui sait que si soixante-sept miracles sont officiellement reconnus à ce jour par l'Église, c'est en fait près de 8.000 personnes touchées au départ par des guérisons souvent troublantes.
Mais avant d'être authentifiées comme miraculeuses, ces guérisons font l'objet d'une enquête médicale approfondie, et d'un suivi régulier pour ne pas être confondues avec de simples rémissions : "Les critères sont au départ que la maladie doit être grave, et la guérison parfaite, totalement et instantanément, sans explications médicales ou naturelles", rappelle Patrick Theillier, responsable du Bureau médical de Lourdes depuis 1998, après avoir exercé la médecine généraliste pendant 25 ans. Il a aussi étudié la philosophie, la théologie, l'anthropologie. Le docteur Theillier suit et analyse de près une cinquantaine de guérisons déclarées par an, parfois des années plus tard : "Les gens qui guérissent à Lourdes sont les premiers surpris, croyants ou non-croyants, parfois lors d'un passage par hasard, et c'est un choc pour eux, un stress que le Bureau médical des constatations chargé d'authentifier les guérisons inexpliquées doit gérer chez les malades concernés, avec un suivi, un accompagnement. Parfois la guérison survient après leur passage, et le Bureau médical dont j'ai la charge doit dans tous les cas reprendre la maladie en amont, les traitements, l'évolution, et l'état de guérison. Face à ces grâces de guérisons attribuées à Notre-Dame de Lourdes déclarées par un malade, je suis toujours très ému de sentir qu'il s'est passé quelque chose, leur transformation personnelle aussi, et d'être à nouveau devant le mystère."
DocteurTheillier-Lourdes.JPG
Des mystères, le docteur Theillier en côtoie régulièrement de très grands qu'il qualifie de "nature miraculeuse" à "véritable résurrection", comme le cas de Jeanne Fretel, doyenne des miraculés, décédée le 1er avril 2005 à 94 ans, débordante de vie après être guérie instantanément le 8 octobre 1948, alors qu'elle est en coma terminal devant la grotte de Lourdes, crachant du sang, malade depuis 1940 d'une péritonite tuberculeuse évolutive et incurable. À Lourdes, Jeanne qui ne mangeait plus depuis six mois, et vomissait même l'eau, prend un peu plus tard son petit déjeuner : "Aucune explication médicale de cette guérison n'est susceptible d'être donnée, entre autres cas", tranche Patrick Theillier, qui poursuit. "La foi est le climat naturel du miracle. La santé n'est pas une question de biologie, c'est une question d'équilibre général de la personne - jamais définitif ni parfait - où le biologique, le psychique, le relationnel, le professionnel, le religieux, le cosmique... sont concernés. C'est ce qu'on appelle l'approche holistique de la santé. En chacun de nous existe un noyau central, une fibre divine, un sanctuaire inviolable qui à Lourdes, notamment, déclenche parfois un processus sous l'effet conjugué de la foi ou l'espérance, de la charité, et du surnaturel ou du divin." Son livre vous apprendra bien d'autres choses sur le grand mystère du miracle.
Documents : pèlerinage à Lourdes, le 3 septembre 1943
 


Première visite à Lourdes du pape Jean-Paul II, le 14 août 1983...


Par Dominique Michonneau - Publié dans : Portraits
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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 17:07

C'est un peu la double consécration de l'oeuvre d'une vie ! Nicole Renard, brodeuse vendéenne a réalisé l'Évangile de Jean sur 140 mètres de tissu, une broderie monumentale à l'image des tapisseries anciennes, conservée sur sept rouleaux, et qui a mobilisé son attention pendant près de trente ans... J'avais présenté cette dame affable et discrète sur ce blog (voir dans la catégorie ci-contre "Portraits"), à l'occasion de son don au Conseil général de Vendée. Cette collectivité fera de l'oeuvre une exposition permanente, à partir de l'été 2010, à la chapelle vendéenne Saint-Sauveur (Rocheservière). L'autre consécration est que la broderie de Mme Renard, qui fut aussi pour elle une prière manuelle salvatrice, est exposée au salon L'Aiguille en fête de Paris (12 au 15 février 2009), à la Grande halle de la Villette. On peut y voir comme dans la petite chapelle vendéenne en 2010 la finesse d'une broderie qui représente 48.000 heures de patience méticuleuse, à partie de dessins à main levée, en point de satin, et point de bourdon, soit 80 km de fil, ou si vous préférez 131.588 lettres brodées ou encore 28 teintes pour un seul visage du Christ. Le magazine mensuel "Notre temps" de février 2009 (n° 470) présente un beau portrait de Nicole Renard. Une autre consécration.
Par Dominique Michonneau - Publié dans : Portraits
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