Lundi 4 août 2008
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En Vendée (France), le 25 septembre 1993, Alain Decaux, ex-ministre de Gauche chargé de la Francophonie, M. et Mme Soljenitsyne, le comédien Jean Piat,
entre autres, et Philippe de Villiers, inaugurent le Mémorial des victimes du génocide de la guerre de Vendée (1793-1796), perpétré par la Terreur révolutionnaire (photo Alain Le Bot, Conseil
général de la Vendée).
L'écrivain russe, figure emblématique de la dissidence sous le régime soviétique,
Alexandre
Soljenitsyne, est décédé dimanche 3 août dans la nuit à Moscou, à l'âge de 89 ans,
"à la suite d'une insuffisance cardiaque aigüe". Il sera inhumé
mercredi 6 août au cimetière du monastère Donskoï à Moscou. Prix Nobel de littérature,
"il a vécu une vie difficile mais heureuse", selon son épouse. Sa dépouille mortelle
sera exposée mardi 5 août à l'Académie des Sciences à Moscou pour une cérémonie d'adieux, a annoncé la Fondation Soljenitsyne, citée par l'agence Interfax.
Alexandre Issaïévitch Soljenitsyne (
ICI, des vidéos sur le site Internet
de l'INA) est né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk. À l'école et à l'université des sciences de Rostov-sur-le-Don, il étudie la littérature et la doctrine communiste. Capitaine
d'artillerie, il est décoré deux fois pour son courage sur le front russe lors des terribles combats contre l'armée hitlérienne, lors de la Seconde Guerre mondiale. En 1945, il est condamné à huit
ans de camp de travail après avoir entretenu une correspondance critique à l'égard de Staline, qu'il tenait responsable des conséquences de la Deuxième Guerre mondiale sur le peuple soviétique.
Compte-tenu de sa formation de mathématicien, il est affecté à un institut de recherche secret, évoqué dans son roman
"Le Premier cercle", puis, en 1950, dans des camps de travail
de la steppe kazakhe. Il survivra à ces huit ans de Goulag. Libéré en 1953, il reste en banissement dans un village du sud du Kazakhstan, où il est atteint d'un cancer à l'estomac, dont il se
remet. Réhabilité en 1956, il enseigne les sciences physiques à Riazan. En 1962, la publication de
"Une journée d'Ivan Denissovitch" dans
la revue soviétique Novi
Mir, grâce à l'autorisation de Nikita Khrouchtchev, lui vaut une renommée internationale immédiate. En 1970, le prix Nobel de littérature lui est attribué, mais Soljenitsyne ne peut se
rendre à Stockholm de crainte d'être déchu de sa nationalité soviétique, et pour préserver sa femme et ses trois enfants. Il le sera le 12 février 1974, après la parution, à Paris, de
"L'archipel du Goulag", qui parvient à échapper à la surveillance et aux menaces du KGB. Le livre décrit le système concentrationnaire soviétique. Il aura un retentissement
mondial.
Soljenitsyne est expulsé d'URSS. Il s'installe d'abord en Suisse, puis émigre aux États-Unis. Après une période publique intense, il se retire avec sa famille dans le Vermont, où il se consacre à
l'écriture de
"La roue rouge". Après la chute de l'Union soviétique, en 1994, il rentre en Russie officiellement réhabilité par Gorbatchev, et mène de nouveau une vie publique,
interrompue par la maladie. Intellectuel engagé, aux prises de positions parfois controversées, Soljenitsyne reste la figure emblématique de la dissidence sous le régime soviétique. Vladimir
Poutine qui lui avait rendu visite le 12 juin 2007 pour lui remettre le Prix d'État, dira
"des millions de gens dans le monde lient le nom et les oeuvres d'Alexandre Issaïévitch
Soljenitsyne au sort de la Russie elle-même"
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