
"L'Atelier du peintre" (Copyright : musée d'Orsay).
Trente ans après la dernière rétrospective qui lui a été consacrée, Gustave Courbet (1819-1877) est aux cimaises du Grand Palais à Paris (ICI, un site spécial est dédié à l'exposition à partir de celui de la Réunion des musées nationaux). Cette superbe mise en scène de l'oeuvre de l'artiste truculent franc-comtois, épicurien, mort à 58 ans ruiné après sa condamnation à rembourser la destruction de la colonne Vendôme, est visible jusqu'au 28 janvier 2008 (*). Car cette colonne impériale était pour ce pacifiste militant de la Commune, un monument parisien exaltant la guerre contre l'Europe, lui l'artiste qui voyait tout en grand, sa vie, ses engagements et son oeuvre picturale. Gustave Courbet, c'est la peinture du réalisme provocant, souvent, baignée d'un romantisme constant, dont la complexité du message pictural annonçait pourtant la "Nouvelle Peinture" des années 1860 et les débuts de l'impressionnisme. L'exposition au Grand Palais est présentée autour de huit thèmes, qui reconstituent l'évolution de son oeuvre et ses inspirations en peinture. Soit au total 120 peintures, une trentaine d'oeuvres graphiques et quelque soixante photographies, en collaboration avec la Réunion des musées nationaux, le musée d'Orsay, The Metropolitan Museum of Art de New-York, et la communauté d'agglomération de Montpellier (musée Fabre). Comme l'annonce à l'entrée du Grand Palais l'immense affiche reproduisant sa toile "Le désespéré", l'expo rassemble pour la première fois ses autoportraits peints et dessinés de 1840 à 1855. On pense à Rembrandt, et l'on est frappé par la finesse de son trait. Et puis on évolue à travers ses toiles puisées dans le quotidien de ses racines familiales (Ornans dans le Doubs), de sa terre natale, puis ses grandes peintures (L'Enterrement à Ornans, L'Atelier du peintre), ses paysages, ses portraits, ses peintures liées à la chasse, et ses célèbres nus féminins, dont il peint le premier dans les années 1840. Evidemment, le tant décrié "L'Origine du Monde (1866) reste toujours le plus populaire, oeuvre qui fut peinte pour un diplomate érotomane. Pour l'oeil avisé, le réalisme affirmé y baigne totalement, au grand dam de la société bien pensante, mais pour le plus grand bonheur des amateurs d'art. Il serait injuste de réduire sa prédilection pour les nus féminins à cette toile, d'autres étant encore plus belles, comme "Le Sommeil" (ou les Deux Amies, ou Paresse et Luxures), "La Femme au perroquet" (1866), "Les Baigneuses" (1853), "La Vague" ou "La Bacchante endormie" (1844-45). L'évènement pictural de l'automne est au Grand Palais à Paris !
(*) Courbet est visible au Grand Palais de Paris jusqu'au 28 janvier 2008, tous les jours sauf le mardi, avant d'être présenté au Metropolitan Museum of Art de New-York (27 février au 18 mai 2008), puis au musée Fabre de Montpellier (du 13 juin au 28 septembre 2008). Le catalogue : "Gustave Courbet", 480 pages, 500 illustrations couleur (Rmn Éditions, environ 49 euros). Contact (de France) : 01.44.13.17.17.

"La Femme au perroquet" (Copyright : The Metropolitan Museum of Art).
L'origine du Monde... Tout un "monde", toute une histoire. Lacan qui en fut propriétaire le cachait derrière une porte fabriquée aux dimensions du tableau (il me semble).
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