Depuis jeudi soir (9 mars 2006), les députés UMP ont rejeté le projet de "licence globale", prélèvement forfaitaire supplémentaire sur les abonnements Internet pour légaliser l'échange d'oeuvres (films, musiques) protégées par les droits d'auteur. Il faut dire que l'idée de licence globale est loin de faire l'unanimité, et pour cause ! Certes, selon un sondage Ipsos réalisé les 3 et 4 mars, 72 % des Français, dont 87 % des moins de 25 ans, sont favorables à ce système... Côté "Pour" aussi : des élus de tous bords et des associations de consommateurs. Côté "Contre" : bon nombre d'artistes qui voient dans ce mode de légalisation, un "bradage" de leurs oeuvres... Sans oublier tous les internautes qui ne téléchargent pas, et verraient ainsi leur abonnement "grimper" de plusieurs euros sans retour sur "investissement"... Certes, il est difficile de faire la part des internautes qui pratiquent un "piratage" déjà condamnable, et ceux qui ne le pratiquent pas et ne le feront jamais ! Le problème est-il réellement là ? D'autant qu'à l'échange privé des fichiers à l'aide de logiciels disponibles en ligne (voir l'article du samedi 11 mars), s'ajoutent d'autres formes de téléchargements (musiques et vidéos). La licence globale rapporterait plusieurs centaines de millions d'euros par an à l'ensemble des artistes, auteur(e)s et autres ayants droit, en plus des revenus issus des ventes de CD et DVD. Mais les créateurs peuvent-ils se satisfaire de voir une partie de leur travail "bradé" pour quelques euros de plus... Un chanteur populaire bien connu, également maire dans la région parisienne, se demande "si on accepterait pour quelques euros par mois, versés à la boulangerie, de pouvoir emporter les produits qui s'y trouvent à volonté ?". L'interrogation peut se comprendre. Et au lieu de chercher de nouveaux moyens de légaliser le téléchargement, avec peut-être des "failles" qui ne résoudront pas alors le problème totalement, ne serait-il pas plus judicieux de chercher des solutions payantes acceptables avec les outils technologiques qui existent déjà... Bien des sites savent bloquer le téléchargement d'extraits de vidéos ou de musiques... A moins d'en accepter le coût... D'autres proposent un ou plusieurs appels téléphoniques pour fournir un code qui donne accès aux produits désirés... Et bien d'autres systèmes - en dehors d'un tarif pur et simple à payer en toute sécurité en ligne - doivent bien exister dans les cartons des Webmasters chevronnés, pour assortir le téléchargement d'un coût réservé aux seuls utilisateurs, en concertation avec toutes les parties concernées... A moins que l'on ne veuille tout simplement ménager "la chèvre et le chou" ? Ce serait probablement la solution la moins juste pour tout le monde...
par Dominique Michonneau
publié dans :
infos-news-bulletin-reponse
0
recommander
Commentaires