Une exposition vendéenne où l'on retrouve Richelieu sous bien des formes (reproduction des photos interdite).
1608-2008 : pour marquer le 400e anniversaire de la nomination de
Richelieu (1585-1642), futur ministre de Louis XIII, comme évêque de Luçon (Vendée), le
département vendéen vient de lancer
l'année Richelieu avec une pléiade de spectacles et d'animations en 2008. Et tout particulièrement une exposition d'envergure nationale
à l'Historial de Vendée (Les Lucs-sur-Boulogne), un musée ultramoderne aux portes de Nantes. Une expo qui se
déroule jusqu'au 13 juillet 2008, avec un catalogue livre d'art à paraître le 16 mai 2008
(*), et que méritait bien
Armand Jean du Plessis, cardinal duc de Richelieu, l'une des figures les plus
marquantes de l'histoire de France et aussi l'une des plus ambiguës. Unanimement détesté à sa mort, le premier ministre de Louis XIII et son héritage ont suscité querelles et polémiques, même si ce
cardinal ministre botté et cuirassé est devenu au fil du temps un symbole du "grand siècle", puis un héros de roman, de cinéma (notamment "Les Trois mousquetaires"), et même un générateur de
produits dérivés (chaussures, billet de banque et autre poêle chauffant nuit et jour)...

Mais Richelieu, ce n'est pas seulement un homme d'État à la poigne de fer dans un gant de velours rouge, c'est aussi un homme d'Église, un homme de guerre (le siège de La Rochelle), un homme
particulièrement versé dans les arts aussi, qui aimait la musique, la danse, écrivain et même producteur d'un ballet dansé et chanté !
Le metteur en scène Yves Pignot et Jacques
Rampal travaillent d'ailleurs sur une commande du département de la Vendée, une pièce
"La Journée des Dupes ou le triomphe de Richelieu" qui sera donnée du 15 au 19
juillet 2008 dans le cloître de la cathédrale de Luçon, puis au Théâtre 14 à Paris, à partir du 16 septembre 2008, avant une tournée nationale. Mais le cardinal légendaire fut également un
bâtisseur (la ville de Richelieu en Indre-et-Loire), et il sera à l'origine de la construction du Palais Royal à Paris en bâtissant le Palais Cardinal, qu'il offrira au roi pour lui montrer son
humble dévouement et place inférieure dans la hiérarchie protocolaire "royale". Richelieu restaurera et agrandira la Sorbonne à Paris, et y créera l'Académie française en 1634.
Bref, il fallait une exposition grandiose pour illustrer un cardinal ministre aussi prolifique, et l'héritage de Richelieu est décliné à l'Historial de Vendée avec un soin et une richesse
uniques. Des tableaux de Philippe de Champaigne, à un canon de 1636 du musée de l'Armée, en passant par les plaques de cuivre de Jacques Gallot sur le siège de La Rochelle, c'est au total une
centaine d'objets publics ou privés du monde entier qui émaillent dans un décor de bande dessinée cet expo historique originale. Un petit cinéma a même été reconstitué pour y diffuser un film
interview de spécialistes de Richelieu, regroupant aussi des extraits de films où le cardinal a un rôle majeur. Comme tout au long de sa vie.
(*) L'Historial de Vendée est ouvert tous les jours sauf le lundi, de 10 h à 19 h.
Livre : "La Légende de Richelieu", ouvrage collectif sous la direction de
Françoise Hildesheimer, grande spécialiste
de Richelieu, et Christophe Vital, conservateur des musées de Vendée, livre coédité par les
Éditions Somogy avec les musées de Vendée. 344 pages, 304 illustrations. 39
euros.
Un document de l'INA ("La caméra explore le temps") : extrait de l'histoire de la conspiration fomentée par le marquis de
Cinq-Mars, favori de Louis XIII et son complice de Thou contre le cardinal de Richelieu, et son impitoyable répression par le tout-puissant ministre, en 1642. Conclusion sur cette reconstitution
historique par Alain Decaux et André Castelot.
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