Ce mardi 15 avril, la France a remis la Légion d'honneur, sa plus haute distinction, à
Marek Edelman, dernier des cinq commandants de
l'insurrection du ghetto de Varsovie encore en vie, contre l'occupant nazi,
en avril 1943. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, a remis les insignes de chevalier de la Légion d'honneur à ce vieil homme de 86 ans qui a choisi de rester dans son pays, à
l'occasion des cérémonies du 65e anniversaire du soulèvement à Varsovie.
Près de la moitié des 500.000 habitants du ghetto avaient déjà été déportés par les nazis au camp de Treblinka quand quelques centaines de jeunes, faiblement armés, se soulevèrent en avril 1943.
M. Edelman, qui a mené ensuite une carrière de cardiologue, avait réussi à s'échapper pour rejoindre la résistance polonaise. Le président polonais Lech Kaczynski, prenant la parole devant le
monument du ghetto, a affirmé que l'héroïsme des combattants juifs ne serait jamais oublié.
En 1940, les nazis enferment 450.000 juifs dans une enceinte de 4,2 km et érigent des murs de briques, de trois à six mètres de haut, tout autour. Les trois-quarts des juifs sont envoyés à
Treblinka à l'été 1942. Le 19 avril 1943, alors que les Allemands veulent liquider le ghetto, quelques centaines de juifs armés se soulèvent. Le quartier sera entièrement rasé et incendié, et le
16 mai 1943, le général SS Jürgen Stroop, responsable de la destruction, fait sauter la plus grande synagogue de Varsovie :
"Le quartier juif de Varsovie n'existe plus", écrit-il
à Hitler.
Aujourd'hui, il ne reste plus du ghetto, qu'un mur de 1,5 km au sud, au milieu d'une résidence privée. Les quelques mètres de briques ont été conservés grâce à l'un des habitants,
Mieczyslaw Jedruszczak, qui s'est opposé à la décision des autorités communistes, en 1978. L'insurrection du ghetto de Varsovie a duré à peine trois semaines. 7.000 juifs y ont
trouvé la mort. Seule une quarantaine de combattants réussirent à s'échapper.
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