Il y a 40 ans, les événements du mois de mai 1968 enflammèrent les esprits et les coeurs comme jamais des revendications sociales et étudiantes ne l'avaient fait auparavant. Le
printemps de cette année-là sonna comme un coup de tonnerre. Mais dès janvier de cette année pas comme les autres, qui s'inscrit dans un ensemble d'événements dans les milieux étudiants d'un
grand nombre de pays de part et d'autre du Rideau de fer, et notamment en Allemagne, aux États-Unis, en Tchécoslovaquie, au Japon, en Italie, au Mexique et au Brésil, ça chauffait déjà dur à
Caen, Nantes ou Brest (Ouest de la France).
"Mai 68, les images de la télévision" est un superbe DVD édité par
l'INA (Institut national de l'Audiovisuel) qui vous apprendra beaucoup sur le quarantième
anniversaire de cette petite révolution.
L'INA a aussi créé un site Internet dédié à "mai 68" (
c'est
LÀ). Son intérêt est d'avoir exhumé des archives télévisuelles de l'INA des pépites qui en disent souvent beaucoup plus long que de grands discours. Les images de la
télévision (ORTF) et de la presse filmée diffusée dans les cinémas (Actualités françaises) nous font revivre mai 68 en direct ! Mais son intérêt second est aussi de remettre en scène des
témoignages phares, qui avec le recul donne un éclairage capital. Comme le jeune lycéen Romain Goupil interviewé par Marguerite Duras dans "Dim Dam Dom", ou des ouvriers du Nord de la France et
des étudiants de Normal Sup' dans "Cinq colonnes à la une". Ou ceux de Nanterre (Paris) qui dès le mois de mars se fédéreront derrière un certain
Daniel Cohn-Bendit
(
vidéo ci-dessous "INA/Infos-News"). Et des dossiers, la jeunesse, les ouvriers, la culture : bref, quasiment tout pour mieux cerner un
mouvement social qui fit trembler la France, paralysant complètement le pays (des camions militaires doivent assurer des transports de fortune), progressivement, à partir du 1er mai 1968. Le
président Charles de Gaulle qualifie cette contestation de
"chienlit". Elle l'amène à dissoudre l'Assemblée nationale et à organiser des élections anticipées.
Mais avant d'en arriver là, il y aura eu ce 3
mai 1968, à la Sorbonne (Paris), occupée par
des manifestants et risquant une éventuelle attaque des mouvements étudiants d'extrême droite (comme "Occident"), évacuée par une intervention policière musclée : plusieurs centaines d'étudiants
sont arrêtés, dont
Jacques Sauvageot, le dirigeant du principal syndicat étudiant. Les étudiants réagissent aussitôt par des manifestations violentes contre les forces de l'ordre
: jets de pavés, puis barricades. Qui s'amplifient ensuite à l'annonce de peines de prison pour les manifestants, pendant lesquelles commencent à fleurir les slogans libertaires, sur fond aussi
de jeunes garçons et filles séparés encore à l'époque dans les établissements scolaires, ou de bourses étudiantes miséreuses. Les ouvriers eux, entre autres, voient alors en ces années politiques
charnières, leurs salaires baisser régulièrement. Sans oublier la libération des moeurs et la liberté d'expression qui s'imposent. Mai 68 en fut pour sa part un catalyseur...
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