
Nicole Renard, devant l'oeuvre brodée de sa vie (Reproduction interdite).
C'est une belle histoire, autant qu'une oeuvre d'art unique ! Nicole Renard, 77 ans, en retraite en Vendée, a accepté l'offre du conseil général de Vendée d'exposer dans une chapelle sa gigantesque tapisserie religieuse. Madame Renard a ainsi fait don d'un travail de broderie ininterrompu pendant 24 ans, les textes de saint Jean l'évangéliste retranscrit sur 140 mètres de pages de lin, soit sept rouleaux de vingt mètres : "C'est un chiffre saint, celui de Matthieu qui pardonne soixante-dix fois sept fois", glisse cette dame affable et discrète de Saint-André-Treize-Voies (Vendée, France), hôtelière à Eygalières, dans le sud de la France, puis restauratrice de tapisseries par sa passion et sa connaissance de la broderie. "Je suis heureuse que mon travail, que j'ai fait pour Dieu, soit placé dans la chapelle Saint-Sauveur du XIIe siècle de la Rocheservière, près d'ici. D'autres personnes expriment leur foi autrement, moi je ne savais que broder !". La broderie de Nicole Renard, qui ornera les murs de la petite chapelle au terme de sa restauration, en 2009, est étroitement liée à sa vie et à sa foi.
Enfant à Paris, sa mère lui apprit la broderie, et comme le voulait la tradition Nicole broda son trousseau de mariage. Plus tard, après une formation à l'école hôtelière, elle s'installe avec son mari dans l'hôtellerie à Eygalières. Mais en 1972, le couple se sépare, et Nicole Renard va donner un autre sens à sa vie : "J'avais fait la connaissance des Bobin, qui restauraient des tapisseries à Paris. J'ai tenu l'hôtel encore deux ans seule, et en 1974, j'ai commencé à broder les textes de saint Jean, en points de bourdon, enrichis de reproductions d'icônes ou de peintures qui, elles, sont brodées en points dits passé empiétant. Auparavant, j'avais aussi brodé le linge de l'hôtel !", s'exclame dans un éclat de rire Nicole, qui poursuit. " Les Bobin avaient un atelier de restauration à Paris, où ils travaillaient pour les plus grands musées, et ils remarquèrent mon travail. Ils décidèrent d'ouvrir un atelier à Eygalières, et je fus embauchée à 47 ans ! Nous fûmes jusqu'à seize personnes dans cet atelier de province, qui me permit plus tard de participer à la restauration de tapisseries comme l'Apocalypse d'Angers."

La résurrection de Lazare, extrait de la longue broderie de Nicole Renard (Reproduction interdite).
Et de 1974 à 1998, Nicole Renard poursuivit parallèlement son oeuvre personnelle, véritable prière manuelle qui se termina pour celle-ci en 1998. Soit 140 mètres de lettres saintes et de gravures colorées brodées avec soin, ou si vous préférez 48.000 heures de patience, et quelque 80 kilomètres de fils ! Tout est là, immortalisé sur la chaude toile de lin, du Prologue à l'Apocalypse. Une oeuvre d'abnégation aussi, que Nicole Renard ne destinait pas à d'autres qu'à Dieu. Mais la rencontre à Angers avec un Vendéen proche des services départementaux de Vendée en a décidé autrement. Dans quelques mois, les visiteurs de la chapelle Saint-Sauveur vendéenne méditeront sur un évangile brodé en prière...
ajouter un commentaire commentaires (0) recommander




Commentaires