
De droite à gauche : Alain Gérard, directeur du CVRH, Jacques Hussenet, et trois des sept co-auteurs.
"Détruisez la Vendée ! Regards croisés sur les victimes et destructions de la guerre de Vendée" vient de paraître aux Editions CVRH (1), co-écrit par sept historiens, sous la direction de Jacques Hussenet. Il fera sans doute date parmi les ouvrages historiques évoquant la terrible page de la Vendée militaire (1793-1796), insurrection populaire de l'Ouest de la France face aux dérives de la Terreur révolutionnaire. Pour mémoire, on a trop souvent présenté cette révolte paysanne (Vendée, Deux-Sèvres, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique), relayée aussi par les Chouans de Bretagne, comme une contre-révolution française de 1789. Il n'en est rien. L'Ouest n'était pas hostile à la Révolution, sur le fond, mais il se leva en masse contre la constitution civile du clergé, la déportation des prêtres, la loi du sang (peine de mort sous 24 heures pour les "réfractaires" à la loi), et la conscription anarchique pour la guerre aux frontières françaises. Le peuple vendéen le paya très cher, puisque les soldats républicains de Turreau s'appliquèrent à obéir à Bertrand Barère qui, face à la Convention, le 1er octobre 1793, ordonna : "Détruisez la Vendée !". Les colonnes infernales de Turreau et autres généraux sanguinaires ont presque réussi, décimant hommes, femmes et enfants sur leur passage, brûlant les villages après les pires exactions, "inventant" à Nantes le camp de concentration ("L'entrepôt"). Il ne faut pas s'étonner qu'après le sang, le massacre - ou le génocide - des Vendéens n'en finit plus de faire couler de l'encre. Y compris sur le chiffre des victimes. Combien la guerre de Vendée a-t-elle coûté à la France ? 600.000 morts répondit alors Hoche, et d'autres depuis. Reynald Secher précise on ne sait comment 117.257 personnes, et Jean-Clément Martin oscille entre 220 et 250.000 victimes. Jacques Hussenet et les co-auteurs ont mené un extraordinaire travail de recherches dans les archives des quatre départements concernés. Tout en replaçant les événements dans leur contexte, ils ont analysé les tableaux de dénombrement des 735 communes de la Vendée militaire, de 1790-1791 à 1820, et s'arrêtent au chiffre de 170.000 victimes civiles. Mais leur livre va plus loin. Ils recensent les destructions des villes, comme Cholet, dévastée à 60 %, où même les loups réapparurent ensuite... Ils s'attachent aussi à commenter la mobilisation difficile et les pertes des armées républicaines. Le tout pour livrer un bilan général et un outil de travail sur la guerre de Vendée qui manquait.

(1) "Détruisez la Vendée !", sous la direction de Jacques Hussenet, avec aussi Pierre Contant, Jean-Philippe Coullomb, Céline Gilbert, Manuel Jobard, Jérôme Laborieux, Mireille Villechalane. Préface d'Alain Gérard. Editions du Centre vendéen de Recherches historiques. 631 pages. 25 euros. En librairie ou au (00 33) 02.51.47.74.49.
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