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Mardi 15 avril 2008

Ce mardi 15 avril, la France a remis la Légion d'honneur, sa plus haute distinction, à Marek Edelman, dernier des cinq commandants de l'insurrection du ghetto de Varsovie encore en vie, contre l'occupant nazi, en avril 1943. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, a remis les insignes de chevalier de la Légion d'honneur à ce vieil homme de 86 ans qui a choisi de rester dans son pays, à l'occasion des cérémonies du 65e anniversaire du soulèvement à Varsovie.
Près de la moitié des 500.000 habitants du ghetto avaient déjà été déportés par les nazis au camp de Treblinka quand quelques centaines de jeunes, faiblement armés, se soulevèrent en avril 1943. M. Edelman, qui a mené ensuite une carrière de cardiologue, avait réussi à s'échapper pour rejoindre la résistance polonaise. Le président polonais Lech Kaczynski, prenant la parole devant le monument du ghetto, a affirmé que l'héroïsme des combattants juifs ne serait jamais oublié.
En 1940, les nazis enferment 450.000 juifs dans une enceinte de 4,2 km et érigent des murs de briques, de trois à six mètres de haut, tout autour. Les trois-quarts des juifs sont envoyés à Treblinka à l'été 1942. Le 19 avril 1943, alors que les Allemands veulent liquider le ghetto, quelques centaines de juifs armés se soulèvent. Le quartier sera entièrement rasé et incendié, et le 16 mai 1943, le général SS Jürgen Stroop, responsable de la destruction, fait sauter la plus grande synagogue de Varsovie : "Le quartier juif de Varsovie n'existe plus", écrit-il à Hitler.
Aujourd'hui, il ne reste plus du ghetto, qu'un mur de 1,5 km au sud, au milieu d'une résidence privée. Les quelques mètres de briques ont été conservés grâce à l'un des habitants, Mieczyslaw Jedruszczak, qui s'est opposé à la décision des autorités communistes, en 1978. L'insurrection du ghetto de Varsovie a duré à peine trois semaines. 7.000 juifs y ont trouvé la mort. Seule une quarantaine de combattants réussirent à s'échapper.
par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Vendredi 11 avril 2008

Une fois n'est pas coutume, un insolite documentaire animalier, ou plutôt sur un animal de légende, vient d'être réalisé avec talent par les étudiants de l'école d'animation de Supinfocom de Valenciennes (Nord), région française célèbre actuellement au cinéma grâce à Dany Boon, avec son film tout aussi hilarant que la vidéo (ci-dessous) de l'école d'animation : "Bienvenue chez les Ch'tis".
Les étudiants de Supinfocom se sont intéressés au dahu, animal mythique que tout le monde connnaît plus ou moins, aussi célèbre que le yéti, et figure récurrente des colonies de vacances, sans doute imaginaire, mais très courru par les amateurs de chasse insolite. Là, pour la première fois, grâce à ces courageux étudiants de Valenciennes, on le voit.
Le dahu (parfois orthographié dahut) ou encore le dairi dans le Jura, la darou dans les Vosges, la darhut en Bourgogne, la tamarou dans l'Aubrac et l'Aveyron, est un animal sauvage et donc difficile de localisation et d'approche. L'existence du dahu est plutôt persistante en milieu rural, où la plaisanterie (parfois insistante) est courante auprès de personnes particulièrement naïves et/ou de citadins peu confrontés à la faune montagnarde (comme dans les Pyrénées ou les Alpes), ou simplement forestière. Aussi courante que la chasse, un peu partout en France, de cet animal avec comme principale caractéristique que deux de ses quatre pattes seraient plus courtes que les autres. On se perd en conjectures sur la différence réelle entre les pattes antérieures et les pattes postérieures, autant qu'entre celles de gauche et celles de droite. L'explication de cette différence de longueur tiendrait à ce que l'animal ne vivrait que sur des pentes, deux espèces vivant à ce jour selon les "connaisseurs" et le versant de la montagne (droit ou gauche) sur lequel elles broutent.
Quant à la chasse, les petits malins qui n'hésitent pas encore à y entraîner leurs "camarades", elle se pratique selon eux en battue, dans une forêt si possible épaisse et sombre, et même de nuit. Pour chasser le dahu, il faut un sac et des bâtons pour lui faire peur et qu'il perde l'équilibre. Le naïf de service est posté en contrebas (comme à la chasse au bitard ou à la bitarde), avec un sac en toile de jute ouvert, et la mission très aléatoire de capturer l'animal. Une autre technique est de lui faire renifler du poivre sur une pierre pour qu'en éternuant, il s'assomme tout seul. Un travail assommant pour le "naïf" initié à la chasse au dahu, animal qui dans ce cas, au moins, tombe à pic. Et que les étudiants de Valenciennes auraient au prix d'un travail d'imagination harassant réussi à localiser... Une avancée importante pour tous les fans de la chasse au dahu...
Et la "preuve" en images fixées sur caméscope par les étudiants de Supinfocom de Valenciennes

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Lundi 7 avril 2008

Il y a 40 ans, les événements du mois de mai 1968 enflammèrent les esprits et les coeurs comme jamais des revendications sociales et étudiantes ne l'avaient fait auparavant. Le printemps de cette année-là sonna comme un coup de tonnerre. Mais dès janvier de cette année pas comme les autres, qui s'inscrit dans un ensemble d'événements dans les milieux étudiants d'un grand nombre de pays de part et d'autre du Rideau de fer, et notamment en Allemagne, aux États-Unis, en Tchécoslovaquie, au Japon, en Italie, au Mexique et au Brésil, ça chauffait déjà dur à Caen, Nantes ou Brest (Ouest de la France).
"Mai 68, les images de la télévision" est un superbe DVD édité par l'INA (Institut national de l'Audiovisuel) qui vous apprendra beaucoup sur le quarantième anniversaire de cette petite révolution. L'INA a aussi créé un site Internet dédié à "mai 68" (c'est LÀ). Son intérêt est d'avoir exhumé des archives télévisuelles de l'INA des pépites qui en disent souvent beaucoup plus long que de grands discours. Les images de la télévision (ORTF) et de la presse filmée diffusée dans les cinémas (Actualités françaises) nous font revivre mai 68 en direct ! Mais son intérêt second est aussi de remettre en scène des témoignages phares, qui avec le recul donne un éclairage capital. Comme le jeune lycéen Romain Goupil interviewé par Marguerite Duras dans "Dim Dam Dom", ou des ouvriers du Nord de la France et des étudiants de Normal Sup' dans "Cinq colonnes à la une". Ou ceux de Nanterre (Paris) qui dès le mois de mars se fédéreront derrière un certain Daniel Cohn-Bendit (vidéo ci-dessous "INA/Infos-News"). Et des dossiers, la jeunesse, les ouvriers, la culture : bref, quasiment tout pour mieux cerner un mouvement social qui fit trembler la France, paralysant complètement le pays (des camions militaires doivent assurer des transports de fortune), progressivement, à partir du 1er mai 1968. Le président Charles de Gaulle qualifie cette contestation de "chienlit". Elle l'amène à dissoudre l'Assemblée nationale et à organiser des élections anticipées.
Mais avant d'en arriver là, il y aura eu ce 3 mai 1968, à la Sorbonne (Paris), occupée par des manifestants et risquant une éventuelle attaque des mouvements étudiants d'extrême droite (comme "Occident"), évacuée par une intervention policière musclée : plusieurs centaines d'étudiants sont arrêtés, dont Jacques Sauvageot, le dirigeant du principal syndicat étudiant. Les étudiants réagissent aussitôt par des manifestations violentes contre les forces de l'ordre : jets de pavés, puis barricades. Qui s'amplifient ensuite à l'annonce de peines de prison pour les manifestants, pendant lesquelles commencent à fleurir les slogans libertaires, sur fond aussi de jeunes garçons et filles séparés encore à l'époque dans les établissements scolaires, ou de bourses étudiantes miséreuses. Les ouvriers eux, entre autres, voient alors en ces années politiques charnières, leurs salaires baisser régulièrement. Sans oublier la libération des moeurs et la liberté d'expression qui s'imposent. Mai 68 en fut pour sa part un catalyseur...
par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Jeudi 27 mars 2008

HorstRippert-CollectionHansFahrenberger1945.jpgHorst Rippert était pilote de chasse sur Messerschmitt Bf 109, en juillet 1944, près de Marseille (© Collection Hans Fahrenberger).
"St-Exupéry, l'ultime secret. Enquête sur une disparition" (Éditions du Rocher), le livre du journaliste Jacques Pradel et Luc Vanrell, plongeur en archéologie sous-marine, lève-t-il enfin le voile sur la mort d'Antoine de Saint-Exupéry ? Leur enquête en lien direct avec la découverte en mer par un pêcheur, en 1998, de la gourmette de l'aviateur disparu, les a finalement menés vers un pilote allemand à la retraite qui a reconnu avoir tiré sur l'écrivain.
Horst Rippert, qui fut journaliste à la ZDF (2ème chaîne de télévision allemande), était en 1944 un as de la Luftwaffe. Il a fait partie du groupe de chasse Süd JGr 200, dont de nombreux vols eurent lieu sur les zones de Toulon et Marseille, là où la gourmette de Saint-Ex a été remontée dans les filets du pêcheur, alors qu'on pensait encore que le "père" du "Petit Prince" s'était abimé vers Nice : "Je me souviens parfaitement de ce jour-là. Je suis parti pour une mission de reconnaissance et d'interception vers Toulon puis Marseille", raconte Rippert dans le livre de Pradel et Vanrell, mais aussi à une équipe de télévision allemande. "J'aperçois ce Lightning à double fuselage se dirigeant vers Marseille, à 2.000 mètres d'altitude, en mission d'observation (...) J'ai plongé dans sa direction et j'ai tiré, non pas sur le fuselage, mais sur les ailes. Je l'ai touché. Il s'est écrasé en mer. Personne n'a sauté (...) Le pilote, je ne l'ai pas vu, et quand bien même, il m'aurait été impossible de savoir que c'était Exupéry. J'ai espéré, et j'espère toujours, que ce n'était pas lui (...)".

LucVanrell.jpg

Luc Vanrell a dû faire une étude documentaire approfondie pour ses plongées et l'enquête avec Pradel aux États-Unis et en Allemagne (© Rosenfeld/Luc Vanrell-1999).
Pourtant, tout laisse penser selon les auteurs et leurs recoupements que c'est bien Horst Rippert qui a intercepté, lundi 31 juillet 1944, le Lightning P-38 du commandant Saint-Exupéry, parti à 8 h 45 de l'aérodrome de Bastia-Borgo vers le sud de la France. Objectif : une mission de reconnaissance et d'observation photographique pour préparer le débarquement de Provence. Malheureusement, Antoine de Saint-Exupéry n'en reviendra pas. Longtemps, et encore jusqu'à aujourd'hui, on s'est perdu en conjectures sur cette disparition en Méditerranée : "Son retour est prévu entre 12 h 35 et 13 heures. Sans nouvelles de lui à 14 h 30, on le déclare disparu en mission. Saint-Exupéry a-t-il été abattu par la chasse allemande ? Fut-il victime d'une panne de ses moteurs ou de ses instruments de navigation ? S'est-il donné la mort ?", s'interroge Alain Decaux, de l'Académie française, en se remémorant les événements et leurs prolongements, lui qui a préfacé l'ouvrage de Jacques Pradel et Luc Vanrell. Enquêteurs qui apportent aujourd'hui une réponse...
Pi-ceduP-38.jpgCette jambe d'atterrissage, caractéristique d'un Lightning de dernière génération (la partie en carré en haut), laisse penser que c'est l'avion de Saint-Ex, le seul qui pilotait l'unique Lightning de version évoluée qui a pu disparaître sur le secteur de Marseille-Toulon (© Luc Vanrell).

Pradel et Vanrell ont été aidés dans leur enquête par un spécialiste de recherches d'avions perdus pendant la guerre, Lino von Gartzen : "En fait, après que la gourmette fut retrouvée par le pêcheur marseillais, je me suis intéressé de nouveau à des vestiges d'avions que j'avais aperçu dans cette zone", raconte d'une voix sûre Luc Vanrell. "D'abord un moteur d'avion V 12, qui s'avérera être issu d'un Messerschmitt allemand, orientant l'enquête vers l'Allemagne, piloté par le prince Alexis von Bentheim. Puis quelques dizaines de mètres plus loin, l'avion de Saint-Exupéry, dont les pièces caractéristiques et le numéro 2734 L près du turbocompresseur coïncidèrent avec le matricule 42-68223 de Saint-Exupéry. M. Rippert fut par la suite le dernier des cinq pilotes vers lequel Lino nous dirigea lors de notre enquête aussi sur l'avion allemand. Mais il y a encore du nouveau : une sépulture sommaire d'un homme trouvé en 1965 sur l'île de Riou. Peut-elle être du pilote allemand ou de l'écrivain ? L'ADN devrait bientôt nous en dire davantage...". Une nouvelle enquête ?
Quant aux morceaux de l'avion de l'auteur du "Petit Prince" ou de "Pilote de guerre", ils ont été remis en juin 2004 au musée de l'Air et de l'Espace du Bourget, à Paris.
par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Mercredi 19 mars 2008

Dala--lama.jpg

À cinq mois des Jeux olympiques de Pékin, le régime chinois montre bien malgré lui son état d'esprit avec les violentes répressions des manifestations tibétaines. Comme le contrôle général de la presse chinoise, cette répression est sans commune mesure avec la modération pacifique des revendications du Dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains en exil et Prix Nobel de la paix, qui ne demande qu'une véritable autonomie du Tibet. Pour justifier l'injustifiable, les Chinois diabolisent le leader spirituel du bouddhisme tibétain en l'accusant de manipuler les contestataires. Après mardi où le Dalaï-lama a menacé de quitter sa charge face aux accusations de Pékin, si la situation se dégradait à Lhassa, écartant son influence sur les manifestations, le chef spirituel en a appelé à la communauté internationale, ce mercredi, pour engager un processus de dialogue avec les Chinois.
Le Dalaï-lama demande deux choses très précises : l'autonomie de son pays et une modification cartographique de la région autonome du Tibet, comme le rappelle dans son dernier livre Raphaël Liogier, spécialiste du bouddhisme (*). Pourquoi les moines tibétains sont-ils sortis de leurs gons ? Depuis l'annexion du Tibet par la Chine en 1950, le régime communiste cherche à diviser les monastères bouddhistes et Tenzin Gyatso, 14e Dalaï-lama. Exilé à Dharamsala (Inde) avec 80.000 Tibétains, lors des représailles chinoises de 1959, le Dalaï-lama reste la cible privilégiée des Chinois, qui voudraient nommer eux-mêmes son successeur à sa mort. Pourtant, depuis le contrat tacite qui existe depuis le XVIe siècle, les responsables chinois sont les protecteurs, militaires et politiques, du peuple tibétain, et sont normalement garants de la religion, la spiritualité et la culture tibétaines. On en est loin, et c'est même le contraire, ce qui a mis le feu aux poudres.
Sans compter que la revendication la plus gênante pour les Chinois, c'est que la région autonome du Tibet ne représente plus qu'une petite moitié du Tibet historique. Si le Tibet traditionnel apparaissait sur les cartes, l'espace géographique justifierait d'un statut vraiment particulier, alors que Pékin depuis la suppression de l'autonomie ne cesse d'assimiler le Tibet (découpage du territoire et contrôle de la liberté religieuse, y compris en détruisant des monastères). C'est pourquoi le Dalaï-lama a dénoncé il y a quelques jours un véritable "génocide culturel" de ce territoire himalayen perché à 6.000 mètres d'altitude, où l'agriculture, l'élevage, les forêts et le tourisme sont les principales ressources, menacées par la modernisation à la chinoise.
Le 14e Dalaï-lama est sans doute le plus révolutionnaire de sa lignée : démocrate, moderniste, humaniste, se disant même prêt, s'il le faut, à démissionner, il fait tout à la fois trembler les apparatchiks chinois et fantasmer les Occidentaux, et reste aujourd'hui le principal espoir de son peuple. Un peuple qui attend aussi sans doute que la communauté internationale bouge avec autant de fermeté que de diplomatie pour éviter que les manifestations de Lhassa ou d'ailleurs dégénèrent et fassent reculer encore l'espoir d'une autonomie légitime du Tibet.
(*) "À la rencontre du Dalaï-lama. Vie et pensée d'un contemporain insolite", par Raphaël Liogier (Flammarion). 253 pages. 18 euros.

Le Tibet et son histoire en images...

 

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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