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Vendredi 25 avril 2008
Gnafron, Guignol et Madelon, réalisés par Laurent Mourguet vers 1808, leur créateur dont on peut voir quant à lui le portrait en peinture à l'expo du Musée Gadagne de Lyon jusqu'au 18 mai 2008 (©Musée Gadagne/P.Verrier).

La ville de Lyon célèbre cette année le bicentenaire de Guignol, la marionnette la plus célèbre de France, qui incarne toujours l'esprit gaulois et une référence d'humour contre les injustices et la police. Combien de générations se sont amusées, et encore avec la Compagnie des Zouzous, à voir Guignol rosser le gendarme !
Pour la petite histoire, le père de Guignol est Laurent Mourguet, un de ces nombreux canuts, ouvriers de la soie qui, mis au chômage par la Révolution, s'était reconverti en marchand forain, puis en arracheur de dents. Au fil de ses petits boulots, M. Mourguet aurait créé sa première marionnette pour attirer la clientèle par le rire, détourner l'attention du patient au moment d'ôter la dent cariée, voire couvrir ses cris. Il la baptisa Gnafron, du surnom de l'un de ses camarades, le père Thomas, qui buvait beaucoup, avant d'inventer Madelon, la femme de Guignol, ou celle de Gnafron, selon les histoires. Gnafron, coordonnier aimant bien la bouteille et fort en gueule, aurait été enfanté en 1805, avant la naissance de Guignol, officiellement en 1808.
Selon l'humeur des marionnettistes et l'actualité du moment, le théâtre de Guignol était un peu le reflet de l'état d'esprit et des infos locales, une espèce d'exutoire avant l'heure, se dressant en souriant contre les injustices sociales. Guignol, le gone (l'enfant de Lyon), et son équipe libertaire, vont alors écumer les cabarets de Lyon, en pleine révolte des canuts, puis à partir de 1865, sous la plume de Jean-Baptiste Onofrio et la tradition orale, avec un ton moins grivois. Il faut dire que le régime de Napoléon III est passé par là, obligeant depuis juin 1851 les établissements de spectacles à soumettre les textes à la censure, avant les représentations... Puis Guignol "montera" à Paris, dès 1847, dans les jardins du Luxembourg et un nouveau public, les enfants. Et leurs parents.
L'histoire de la famille Mourguet s'étend sur cinq générations de guignolistes, marionnettistes qui ont raconté aussi bien l'histoire des petites gens que celle de la bourgeoisie dans la région lyonnaise. Le théâtre de Guignol est avant tout satirique et destiné aux adultes, avant de s'adapter au jeune public. Au début du 20e siècle, Pierre Neichtauser qui animait le théâtre Quai Saint-Antoine à Lyon fut aussi maire de Brindas, en banlieue lyonnaise. Jean-Guy Mourguet, dernier descendant du créateur et habitant de Brindas, a fait don de sa collection à la Communauté de communes des Vallons du Lyonnais, qui perpétue l'histoire de la famille Mourguet et de la marionnette Guignol. Un musée théâtre est né (c'est LÀ). Il transmet l'histoire de la célèbre famille Mourguet à travers la conservation et la mise en valeur d'une collection ayant acquis aujourd'hui un statut patrimonial, mais aussi d'une manière vivante.
Jusqu'au 18 mai 2008, le musée Gadagne de Lyon présente aussi une expo temporaire sur Guignol, grâce au célèbre marionnettiste Jacques Chesnais. Et puis surtout Guignol a résisté au temps, et trouvé ses dignes successeurs avec les Guignols de Canal +. La Guignolmania a de beaux jours devant elle, l'actu satirique et la parodie aussi.

Les Guignols de Canal +, dignes successeurs de Guignol, qui vit toujours sa vie de son côté encore aujourd'hui (©Musée théâtre Guignol des Vallons du Lyonnais).
par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Vendredi 18 avril 2008

Réquisitoire de Pierre Desproges dans l'émission radiophonique "Le tribunal des flagrants délires".

"Desproges est mort. Étonnant non ?".
Le 18 avril 1988, c'est ainsi que fut annoncé le décès de Pierre Desproges, en référence à sa célèbre phrase concluant à chaque fois sa "Minute de M. Cyclopède" à la télévision. Vingt ans après, ses blagues corrosives n'ont pas pris une ride. Ce pitre et joyeux drille fut aussi un écrivain d'ouvrages décalés.
Il disait qu'on peut rire de tout mais pas avec tout le monde. Emporté par un cancer, à l'âge de 49 ans, Pierre Desproges est l'auteur de phrases célèbres du genre : "Le cancer est une maladie provoquée par les cancérologues." Ou encore : "L'accouchement est douloureux. Heureusement, la femme tient la main de l'homme. Ainsi, il souffre moins." Et comment résister à celle-ci : "La recherche a besoin d'argent dans deux domaines prioritaires : le cancer et les missiles antimissiles. Pour les missiles antimissiles, il y a les impôts. Pour le cancer, on fait la quête." Desproges était l'alliance du talent et des mots humoristiques ciselés, tapant souvent dur et juste : Dieu, la famille, l'armée, la politique, les racistes, le politiquement correct qu'il préférait incorrect... À la fois pudique et impertinent sous de faux airs d'ado mélancolique, Pierre Desproges s'est en plus fait connaître du grand public à une époque où l'humour caustique n'était pas toujours le bienvenu parmi les égratigné(e)s, et ce dans les années 1970, collaborateur irrésistible dans "Le petit rapporteur", l'émission de télé de Jacques Martin, sur Antenne 2. Auparavant, il avait été enquêteur à l'IFOP, vendeur d'assurances-vie, pronostiqueur hippique, auteur de romans photos pour "La veillée des chaumières" et journaliste à L'Aurore. Avec une émission à lui, "La minute nécessaire de M. Cyclopède", sur France 3.
Au début des années 1980, il entre au "Tribunal des flagrants délires" sur France Inter, où il joue les procureurs. C'est la consécration. Pierre Desproges a écrit une douzaine de livres, dont "Vivons heureux en attendant la mort", ou le "Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis", provocateur anti-conformiste qui n'hésitait pas à s'attaquer aux sujets les plus sensibles. Pierre Desproges est enterré au cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Mais il est toujours bien présent parmi nous avec son humour détonnant qui n'a pas fini d'étonner. Un petit tour sur son site Internet officiel, digne de lui, vous en conviendra (c'est ICI). Ne vous en privez pas.
par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Mardi 15 avril 2008

Ce mardi 15 avril, la France a remis la Légion d'honneur, sa plus haute distinction, à Marek Edelman, dernier des cinq commandants de l'insurrection du ghetto de Varsovie encore en vie, contre l'occupant nazi, en avril 1943. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, a remis les insignes de chevalier de la Légion d'honneur à ce vieil homme de 86 ans qui a choisi de rester dans son pays, à l'occasion des cérémonies du 65e anniversaire du soulèvement à Varsovie.
Près de la moitié des 500.000 habitants du ghetto avaient déjà été déportés par les nazis au camp de Treblinka quand quelques centaines de jeunes, faiblement armés, se soulevèrent en avril 1943. M. Edelman, qui a mené ensuite une carrière de cardiologue, avait réussi à s'échapper pour rejoindre la résistance polonaise. Le président polonais Lech Kaczynski, prenant la parole devant le monument du ghetto, a affirmé que l'héroïsme des combattants juifs ne serait jamais oublié.
En 1940, les nazis enferment 450.000 juifs dans une enceinte de 4,2 km et érigent des murs de briques, de trois à six mètres de haut, tout autour. Les trois-quarts des juifs sont envoyés à Treblinka à l'été 1942. Le 19 avril 1943, alors que les Allemands veulent liquider le ghetto, quelques centaines de juifs armés se soulèvent. Le quartier sera entièrement rasé et incendié, et le 16 mai 1943, le général SS Jürgen Stroop, responsable de la destruction, fait sauter la plus grande synagogue de Varsovie : "Le quartier juif de Varsovie n'existe plus", écrit-il à Hitler.
Aujourd'hui, il ne reste plus du ghetto, qu'un mur de 1,5 km au sud, au milieu d'une résidence privée. Les quelques mètres de briques ont été conservés grâce à l'un des habitants, Mieczyslaw Jedruszczak, qui s'est opposé à la décision des autorités communistes, en 1978. L'insurrection du ghetto de Varsovie a duré à peine trois semaines. 7.000 juifs y ont trouvé la mort. Seule une quarantaine de combattants réussirent à s'échapper.
par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Vendredi 11 avril 2008

Une fois n'est pas coutume, un insolite documentaire animalier, ou plutôt sur un animal de légende, vient d'être réalisé avec talent par les étudiants de l'école d'animation de Supinfocom de Valenciennes (Nord), région française célèbre actuellement au cinéma grâce à Dany Boon, avec son film tout aussi hilarant que la vidéo (ci-dessous) de l'école d'animation : "Bienvenue chez les Ch'tis".
Les étudiants de Supinfocom se sont intéressés au dahu, animal mythique que tout le monde connnaît plus ou moins, aussi célèbre que le yéti, et figure récurrente des colonies de vacances, sans doute imaginaire, mais très courru par les amateurs de chasse insolite. Là, pour la première fois, grâce à ces courageux étudiants de Valenciennes, on le voit.
Le dahu (parfois orthographié dahut) ou encore le dairi dans le Jura, la darou dans les Vosges, la darhut en Bourgogne, la tamarou dans l'Aubrac et l'Aveyron, est un animal sauvage et donc difficile de localisation et d'approche. L'existence du dahu est plutôt persistante en milieu rural, où la plaisanterie (parfois insistante) est courante auprès de personnes particulièrement naïves et/ou de citadins peu confrontés à la faune montagnarde (comme dans les Pyrénées ou les Alpes), ou simplement forestière. Aussi courante que la chasse, un peu partout en France, de cet animal avec comme principale caractéristique que deux de ses quatre pattes seraient plus courtes que les autres. On se perd en conjectures sur la différence réelle entre les pattes antérieures et les pattes postérieures, autant qu'entre celles de gauche et celles de droite. L'explication de cette différence de longueur tiendrait à ce que l'animal ne vivrait que sur des pentes, deux espèces vivant à ce jour selon les "connaisseurs" et le versant de la montagne (droit ou gauche) sur lequel elles broutent.
Quant à la chasse, les petits malins qui n'hésitent pas encore à y entraîner leurs "camarades", elle se pratique selon eux en battue, dans une forêt si possible épaisse et sombre, et même de nuit. Pour chasser le dahu, il faut un sac et des bâtons pour lui faire peur et qu'il perde l'équilibre. Le naïf de service est posté en contrebas (comme à la chasse au bitard ou à la bitarde), avec un sac en toile de jute ouvert, et la mission très aléatoire de capturer l'animal. Une autre technique est de lui faire renifler du poivre sur une pierre pour qu'en éternuant, il s'assomme tout seul. Un travail assommant pour le "naïf" initié à la chasse au dahu, animal qui dans ce cas, au moins, tombe à pic. Et que les étudiants de Valenciennes auraient au prix d'un travail d'imagination harassant réussi à localiser... Une avancée importante pour tous les fans de la chasse au dahu...
Et la "preuve" en images fixées sur caméscope par les étudiants de Supinfocom de Valenciennes

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Lundi 7 avril 2008

Il y a 40 ans, les événements du mois de mai 1968 enflammèrent les esprits et les coeurs comme jamais des revendications sociales et étudiantes ne l'avaient fait auparavant. Le printemps de cette année-là sonna comme un coup de tonnerre. Mais dès janvier de cette année pas comme les autres, qui s'inscrit dans un ensemble d'événements dans les milieux étudiants d'un grand nombre de pays de part et d'autre du Rideau de fer, et notamment en Allemagne, aux États-Unis, en Tchécoslovaquie, au Japon, en Italie, au Mexique et au Brésil, ça chauffait déjà dur à Caen, Nantes ou Brest (Ouest de la France).
"Mai 68, les images de la télévision" est un superbe DVD édité par l'INA (Institut national de l'Audiovisuel) qui vous apprendra beaucoup sur le quarantième anniversaire de cette petite révolution. L'INA a aussi créé un site Internet dédié à "mai 68" (c'est LÀ). Son intérêt est d'avoir exhumé des archives télévisuelles de l'INA des pépites qui en disent souvent beaucoup plus long que de grands discours. Les images de la télévision (ORTF) et de la presse filmée diffusée dans les cinémas (Actualités françaises) nous font revivre mai 68 en direct ! Mais son intérêt second est aussi de remettre en scène des témoignages phares, qui avec le recul donne un éclairage capital. Comme le jeune lycéen Romain Goupil interviewé par Marguerite Duras dans "Dim Dam Dom", ou des ouvriers du Nord de la France et des étudiants de Normal Sup' dans "Cinq colonnes à la une". Ou ceux de Nanterre (Paris) qui dès le mois de mars se fédéreront derrière un certain Daniel Cohn-Bendit (vidéo ci-dessous "INA/Infos-News"). Et des dossiers, la jeunesse, les ouvriers, la culture : bref, quasiment tout pour mieux cerner un mouvement social qui fit trembler la France, paralysant complètement le pays (des camions militaires doivent assurer des transports de fortune), progressivement, à partir du 1er mai 1968. Le président Charles de Gaulle qualifie cette contestation de "chienlit". Elle l'amène à dissoudre l'Assemblée nationale et à organiser des élections anticipées.
Mais avant d'en arriver là, il y aura eu ce 3 mai 1968, à la Sorbonne (Paris), occupée par des manifestants et risquant une éventuelle attaque des mouvements étudiants d'extrême droite (comme "Occident"), évacuée par une intervention policière musclée : plusieurs centaines d'étudiants sont arrêtés, dont Jacques Sauvageot, le dirigeant du principal syndicat étudiant. Les étudiants réagissent aussitôt par des manifestations violentes contre les forces de l'ordre : jets de pavés, puis barricades. Qui s'amplifient ensuite à l'annonce de peines de prison pour les manifestants, pendant lesquelles commencent à fleurir les slogans libertaires, sur fond aussi de jeunes garçons et filles séparés encore à l'époque dans les établissements scolaires, ou de bourses étudiantes miséreuses. Les ouvriers eux, entre autres, voient alors en ces années politiques charnières, leurs salaires baisser régulièrement. Sans oublier la libération des moeurs et la liberté d'expression qui s'imposent. Mai 68 en fut pour sa part un catalyseur...
par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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