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Vendredi 2 novembre 2007

Brian Steidle est un témoin capital des horreurs au Darfour.

L'opération avortée et quelque peu opaque encore de transport en France d'enfants par L'Arche de Zoé, à partir du très protégé Est tchadien, réveille en même temps les problèmes politiques internes à ce pays, et surtout, la guerre civile au Darfour (Soudan). D'autant que depuis l'éclatement des hostilités en 2003, des liens entre une partie des chefs rebelles darfouriens et des responsables militaires tchadiens existeraient. Une partie de ces rebelles a des bases aux frontières stratégiques du Tchad, selon des experts, et ils prêteraient main-forte à l'armée régulière tchadienne. Sans oublier dans ce contexte, la mise en place de la future force européenne, l'Eufor, qui doit se déployer dans l'Est du Tchad, avec le risque aussi de voir revenir des rebelles tchadiens passés au Soudan. De son côté, la force hybride ONU/Union africaine pourrait être opérationnelle au Darfour début 2008. On le voit, l'affaire de L'Arche de Zoé ne doit pas, d'une manière ou d'une autre, "masquer" provisoirement le contexte darfourien et ses atrocités.

Des gens sont brulés vifs, notamment, dont parfois des enfants, les mains liées.

Depuis 2003, le conflit au Darfour a fait environ 300.000 morts, quelque 2,5 millions de personnes déplacées selon l'ONU, et l'intervention de la communauté internationale se fait attendre. Devant l'inaction de celle-ci, Brian Steidle, ancien capitaine des Marines et observateur militaire non armé pour le compte de l'Union africaine au Darfour, a démissionné de son poste à l'ONU pour mieux filmer l'horreur génocidaire au Darfour et le faire savoir. Canal + diffuse toujours son témoignage édifiant et éprouvant, "Darfour, le diable est arrivé à Cheval", réalisé par Annie Sundberg et Ricki Stern (photos ci-contre, "International Film Circuit"). A l'arrivée de Brian Steidle en 2004, le conflit était devenu une vaste opération militaire orchestrée par le gouvernement qui visait à anéantir les tribus africaines de la région avec le soutien des djandjawids. Pendant la période qu'il a passée au Darfour, Brian Steidle a observé, tous les jours, des actes d'une brutalité extrême, qu'il a pris en photo ou filmés. Elle rappelle l'urgence d'intervenir pour la communauté internationale qui ne peut pas dire qu'elle "ignore" les massacres génocidaires du Darfour, perpétrés sur les hommes, femmes et enfants...

Scène du "quotidien" au Darfour...

Le Soudan, le plus grand pays d'Afrique, souffre des divisions religieuses, ethniques et socio-économiques : entre musulmans et chrétiens, Arabes et Africains, nomades et sédentaires. Ce pays sort à peine d'une guerre civile (1983-2003) entre les rebelles du Sud et le gouvernement soudanais, qui a déjà fait près de deux millions de morts. Les origines du nouveau conflit darfourien sont anciennes - coup d'État en 1989 - et d'ordre politique. Mais il s'agit surtout d'une lutte pour ses trésors naturels : eau, terres, pétrole, le tout sur fond de nettoyage ethnique. Pendant six mois, Brian Steidle a photographié les atrocités commises dans la région, population noire africaine du Darfour systématiquement massacrée par les Janjaweeds, milices arabes armées et soutenues par le gouvernement soudanais, entre autres. Une population décimée pour laquelle un tel reportage peut être une bouteille à la mer.

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Dimanche 28 octobre 2007

"L'Atelier du peintre" (Copyright : musée d'Orsay).

Trente ans après la dernière rétrospective qui lui a été consacrée, Gustave Courbet  (1819-1877) est aux cimaises du Grand Palais à Paris (ICI, un site spécial est dédié à l'exposition à partir de celui de la Réunion des musées nationaux). Cette superbe mise en scène de l'oeuvre de l'artiste truculent franc-comtois, épicurien, mort à 58 ans ruiné après sa condamnation à rembourser la destruction de la colonne Vendôme, est visible jusqu'au 28 janvier 2008 (*). Car cette colonne impériale était pour ce pacifiste militant de la Commune, un monument parisien exaltant la guerre contre l'Europe, lui l'artiste qui voyait tout en grand, sa vie, ses engagements et son oeuvre picturale. Gustave Courbet, c'est la peinture du réalisme provocant, souvent, baignée d'un romantisme constant, dont la complexité du message pictural annonçait pourtant la "Nouvelle Peinture" des années 1860 et les débuts de l'impressionnisme. L'exposition au Grand Palais est présentée autour de huit thèmes, qui reconstituent l'évolution de son oeuvre et ses inspirations en peinture. Soit au total 120 peintures, une trentaine d'oeuvres graphiques et quelque soixante photographies, en collaboration avec la Réunion des musées nationaux, le musée d'Orsay, The Metropolitan Museum of Art de New-York, et la communauté d'agglomération de Montpellier (musée Fabre). Comme l'annonce à l'entrée du Grand Palais l'immense affiche reproduisant sa toile "Le désespéré", l'expo rassemble pour la première fois ses autoportraits peints et dessinés de 1840 à 1855. On pense à Rembrandt, et l'on est frappé par la finesse de son trait. Et puis on évolue à travers ses toiles puisées dans le quotidien de ses racines familiales (Ornans dans le Doubs), de sa terre natale, puis ses grandes peintures (L'Enterrement à Ornans, L'Atelier du peintre), ses paysages, ses portraits, ses peintures liées à la chasse, et ses célèbres nus féminins, dont il peint le premier dans les années 1840. Evidemment, le tant décrié "L'Origine du Monde (1866) reste toujours le plus populaire, oeuvre qui fut peinte pour un diplomate érotomane. Pour l'oeil avisé, le réalisme affirmé y baigne totalement, au grand dam de la société bien pensante, mais pour le plus grand bonheur des amateurs d'art. Il serait injuste de réduire sa prédilection pour les nus féminins à cette toile, d'autres étant encore plus belles, comme "Le Sommeil" (ou les Deux Amies, ou Paresse et Luxures), "La Femme au perroquet" (1866), "Les Baigneuses" (1853), "La Vague" ou "La Bacchante endormie" (1844-45). L'évènement pictural de l'automne est au Grand Palais à Paris !

(*) Courbet est visible au Grand Palais de Paris jusqu'au 28 janvier 2008, tous les jours sauf le mardi, avant d'être présenté au Metropolitan Museum of Art de New-York (27 février au 18 mai 2008), puis au musée Fabre de Montpellier (du 13 juin au 28 septembre 2008). Le catalogue : "Gustave Courbet", 480 pages, 500 illustrations couleur (Rmn Éditions, environ 49 euros). Contact (de France) : 01.44.13.17.17.

"La Femme au perroquet" (Copyright : The Metropolitan Museum of Art).

 

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Jeudi 25 octobre 2007

Mettez le son ! Un blog des plus originaux arrive sur le Net pour faire revivre aux internautes les petites phrases assassines, humoristiques, ou carrément ridicules du quotidien, voire le mot qui tue ou autres grands discours de nos politiques (c'est ICI, et ci-contre en permanence dans les liens d'informations). Ce blog-podcast est le bébé de Mathilde Serrell et Antoine Blin, journalistes à Radio Nova, intitulé "Un Monde de SONS". Ces chasseurs de sons traquent évidemment leurs gibiers favoris partout où des phrases révélatrices du quotidien se nichent, et pas seulement en politique. Un blog qui se lit en grande partie avec les oreilles, ça n'arrive pas tous les jours, d'autant que c'est passionnant, hilarant parfois, tant leurs choix et leurs montages audio, en prise sur l'actualité, sont pertinents, éclairants, voire édifiants, bref j'allais dire indispensables. Ce truculent zapping audio a même des rubriques telles "Mots pour mots", bibliothèque audio constamment enrichie (forcément) de dérapages verbaux, déclarations fracassantes, langues de bois, tics (et tac) de langage, dans la jungle médiatique comme dans les camps politiques, et dans l'opposition comme dans la majorité. Vous pourrez ainsi, entre autres (nombreux) exemples, retrouver Ségolène Royal se comparant à Jeanne-d'Arc, une séquence tordante sur la joie de Nicolas Sarkozy après son élection, le podcast du jour consacré à Cécilia (c'était le 24 octobre 2007), voire le fameux "dégueulasse" de Fadela Amara, et j'en passe... A consommer avec les oreilles sans modération...

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Dimanche 21 octobre 2007

Nouveaux réfugiés arméniens venus de Damas et établis à Beyrouth (photo Antoine Poidebard, coll. Bibliothèque Orientale - USJ).

Coïncidence du calendrier politique, la Cité nationale de l'Histoire de l'Immigration (CNHI) a été inaugurée à Paris, quelques jours avant qu'une commission parlementaire américaine propose au Congrès de reconnaître officiellement le génocide arménien. Ce fut fait lors d'une résolution européenne, le 18 juin 1987, et en 2001 par les députés français. Aux Etats-Unis, la reconnaissance du génocide arménien par le Congrès suscite les foudres (voire les représailles) de la Turquie, qui parle toujours de "représailles" ayant fait dans l'empire ottoman de 250.000 à 500.000 morts, alors que les massacres et déportations des Arméniens ont fait plus de 1,5 million de victimes selon eux. Si vous voulez en savoir plus, la CNHI propose jusqu'au 11 janvier 2008 une exposition extrêmement documentée sur cette triste page d'histoire arménienne : Reconstruire la Nation. Les réfugiés arméniens au Proche-Orient et en France (1917-1945). Elle est coordonnée par Raymond H. Kevorkian, en partenariat avec la Cité nationale de l'Histoire de l'Immigration. C'est le prolongement de l'année de l'Arménie en France (lire en archives sur ce blog plusieurs sujets consacrés à cet événement entre les deux pays). L'histoire des diasporas arméniennes, particulièrement au Liban, en Syrie et en France, y est déclinée aussi dans une démarche parallèle d'adaptation aux sociétés d'accueil. Mais aussi pour faire ressortir l'importance de la constitution d'une forte diaspora comme élément primordial de reconstruction d'une nation. La jeune république indépendante d'Arménie peut voir dans cette exposition française à la CNHI de Paris, un ambassadeur symbolique dans cet événement historique qui réunit pour la première fois une riche documentation (photographies, textes, cartes, documentation iconographique, etc.).

Atelier de couture à l'orphelinat Kékélian, à Beyrouth, en 1929. Photo Abel, coll. Bnu.

L'exposition replace le contexte historique, après le génocide arménien de 1915, et les survivants dispersés au Proche-Orient et en France. Des refuges, des orphelinats, des écoles et des églises ont été organisés, souvent de façon rudimentaire, avant d'être édifiés définitivement. En France, entre 1923 et 1927, environ 58.000 réfugiés connaîtront à la fois les difficultés douloureuses de l'exode et le chantier de reconstruction français de l'entre-deux-guerres. Les Arméniens de France constituent la plus vaste communauté d'Europe, arrivés par Marseille. Ce fut le début de l'intégration par contrats de travail dans un pays en déficit démographique, la plupart comme ouvriers dans tous les domaines de l'économie française. Mais également l'instint viscéral d'un peuple à préserver leurs identités et leurs cultures en exil. Des parcours familiaux complètent cette exposition, et montrent les difficultés humaines, autant que l'accueil salvateur des pays concernés. Des conférences et des débats sont aussi programmés régulièrement, et un ouvrage publié comme catalogue de l'exposition, un maillon essentiel dans la reconnaissance du génocide et de la nation arménienne.

(*) L'expo : Palais de la Porte Dorée, 293 avenue Daumesnil, Paris. Du mardi au vendredi de 10 h à 17 h 30. Les samedis et dimanches de 10 h à 19 h. Jusqu'au 31 décembre 2007, tarifs réduits (3 et 2 euros), ouverte jusqu'au 11 janvier 2008. Le livre : "Les Arméniens 1917-1939. La quête d'un refuge." (Rmn éditions), 350 pages. Prix conseillé : 45 euros. Ce catalogue est placé sous la direction de l'historien Raymond Kevorkian, Lévon Nordiguian et Vahé Tachjian. Journée du livre arménien : elle aura lieu dimanche 11 novembre au Toboggan, avenue Jean-Macé à Décines (Rhône), à partir de 14 heures (livres, films, débat). Contact CNHI (de France) : 01.53.59.58.60.

Ouvriers arméniens de l'atelier de montage de chaussures à Belleville, près de Paris, 1926-1928. Coll. Bibliothèque Nubar de l'UGAB.

A LIRE ÉGALEMENT, LE TÉMOIGNAGE DE J.-V. GURÉGHIAN, ICI : YEVROBATSI.

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Vendredi 19 octobre 2007

Deux publications parmi d'autres traitant de la théologie ou de personnes animées par la foi sont à signaler en cette rentrée littéraire d'automne. D'abord un ouvrage qui fera date, véritable atlas pour mieux comprendre le Livre fondateur de toute une civilisation : "Biblica, voyage historique et culturel sur les terres de la Bible" (Editions de Lodi, sélectionnné et sponsorisé par GEO). De la Genèse au Nouveau testament, et volontairement accessible à tous, richement documenté et iconographié, il tente de répondre le plus précisément aux questions les plus courantes, ou apporte des précisions à l'image d'un dictionnaire. C'est aussi une manière d'approcher autrement les évènements relatés dans la Bible, en les replaçant dans leur contexte historique et géopolitique. Les liens artistiques d'oeuvres musicales ou picturales y sont aussi évoqués par une équipe de vingt-sept spécialistes (historiens, théologiens, chercheurs), enrichis au-delà des textes explicatifs par les illustrations, 125 cartes géographiques, et des enluminures. Les huit chapitres peuvent également se lire comme un livre, pour (re) découvrir la création du monde, le déluge et l'Arche de Noé avec notamment des découvertes sur le Mont Ararat (Turquie), des textes comme les manuscrits de la mer Morte, mais aussi les relations possibles entre des théories comme le Big-bang ou les cataclysmes naturels. L'osmose rationnelle du sacré et des découvertes archéologiques et scientifiques.

(*) "Biblica" (Editions de Lodi et Géo), coffret cartonné, 576 pages environ, grand format, 650 documents en couleur. Prix conseillé : 129 euros jusqu'au 1er février 2008, puis 149 euros.

Sans transition, mais dans un domaine proche de la foi et du surnaturel, "La vie rêvée de Jérémy" (Presses de la Renaissance) est un très beau portrait en même temps qu'une découverte émouvante de Jérémy Gabriel-Lavoie, un jeune Québécois, sous la plume de Alain Noël, éditeur depuis 20 ans et patron des Presses de la Renaissance depuis 1997. Jérémy aura 11 ans le 10 décembre prochain, affligé dès sa naissance d'une surdité liée à sa maladie du syndrome de Treacher Collins, pathologie osseuse et tissulaire déformante, et aussi d'un déficit immunitaire. Mais Jérémy est depuis sa plus tendre enfance, un petit prince qui aurait pu rejoindre le héros de Saint-Exupéry, avec une maturité d'esprit, une foi inébranlable, et un optimisme débordant qui force le respect... Jérémy ignore presque sa maladie, la banalise même, lui privilégiant plutôt ses rêves comme celui de devenir chanteur vedette depuis l'âge de 5 ans. Et ce petit bonhomme devenu "grand" pour beaucoup de personnalités ou de gens touchés eux aussi par la maladie ou le handicap, s'offre même le "luxe" de diffuser un message d'espoir et de combativité, de foi aussi, en avançant doucement dans sa vie. Et malgré ses interventions chirurgicales répétées, soutenu par une famille chaleureuse et aujourd'hui une foule de gens connus ou non, Jérémy vit ses rêves, dont certains relèvent parfois de l'inexplicable. Car il "voit" aussi des flashs qui le guident ou renforcent ses convictions. Jérémy, véritable "icône" de courage au Canada, est parti à la conquête du monde, passant du rêve à la réalité en chantant devant Benoît XVI (parce qu'il n'avait pas pu le faire devant Jean-Paul II avant sa mort), devant plus de 20.000 personnes au Centre Bell de Montréal en 2005, avec Céline Dion encore, ou sur déjà deux CD. Jérémy Gabriel sait se hisser vers le haut !

(*) "La vie rêvée de Jérémy" par Alain Noël, 235 pages illustrées, Presses de la Renaissance. 17 euros.

Le site de Jérémy Gabriel (c'est ICI), et Jérémy en vidéo (c'est LÀ).

 

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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