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Dimanche 23 décembre 2007

Louis Poirier, alias Julien Gracq, sur les bords de la Loire à Saint-Florent-le-Vieil, son village natal (photo Jacques Boislève, reproduction interdite).

L'écrivain Julien Gracq est mort samedi à l'âge de 97 ans à Angers (Maine-et-Loire, France). Né le 27 juillet 1910 à Saint-Florent-le-Vieil, sur les bords de la Loire, entre Nantes et Angers, il est entré de son vivant dans la collection de la Pléiade. Sur ce site Internet, le 30 novembre 2006, un article lui avait été consacré (c'est ICI), pour la sortie du hors série édité par la Revue 303, ouvrage collectif sous la direction éditoriale de Jacques Boislève (c'est LÀ). Nicolas Sarkozy a salué "l'un des plus grands écrivains français du XXème siècle. Loin des modes et des cercles mondains, il a construit une pensée originale et une oeuvre puissante. Romancier autant que poète, essayiste, dramaturge, critique, Julien Gracq a été lu par les grands auteurs, Thierry Maulnier, André Breton, Henri Queffelec, avant d'être reconnu par la critique. Du fleuve de sa région natale, la Loire, et de la Bretagne où il a enseigné la littérature, il a hérité des brumes, des rêves, des légendes. Il a connu l'absurde et l'atrocité des guerres. Il a inspiré nombre d'auteurs. Sa réflexion sur la littérature a nourri l'épanouissement intellectuel et esthétique de générations entières d'élèves et d'étudiants (...) L'oeuvre et la pensée de Julien Gracq resteront ainsi comme une falaise de marbre, résistant aux assauts du temps et ouverte à toutes les interprétations." Le premier ministre François Fillon, son "voisin" de la Sarthe, voit en lui "un auteur complet, à la fois romancier, dramaturge et critique littéraire. Avec l'auteur du Rivage des Syrtes, homme discret et esprit indépendant, disparaît une figure phare de la littérature française contemporaine."

Julien Gracq, près de l'île Batailleuse, une partie de la Loire devant chez lui à Saint-Florent-le-Vieil (photo Jacques Boislève, reproduction interdite).

Le journaliste Jacques Boislève, quant à lui, fut l'un des amis fidèles de Julien Gracq : "C'était un homme exemplaire, un écrivain à contre-courant, alors que d'autres sont vus partout sans être véritablement lus, lui on le voyait nulle part et on le lisait. Il a porté au plus haut l'excellence de la langue française !". Julien Gracq avait fait ses études à Paris, étudiant en Lettres Supérieures au lycée Henri IV. Il a Alain comme professeur, et en voyant le Parsifal de Wagner, il a la révélation et son intérêt au cycle de la Table Ronde et la quête du Graal. Études de géographie à l'École Normale Supérieure, diplômé de Sciences Politiques en 1933, il découvre la Bretagne en même temps que le surréalisme, et obtient son agrégation d'histoire en 1935. Professeur à Nantes, puis à Quimper, son premier roman "Au château d'Argol" est refusé par Gallimard et publié en 1938 chez José Corti, sous le nom de Julien Gracq (son nom de naissance est Louis Poirier). L'ouvrage passe inaperçu, mais quelques grands esprits le remarquent. Quand il refuse le prix Goncourt en 1951 pour "Le Rivage des Syrtes", beaucoup n'y voit qu'une réaction d'orgueil, alors que Gracq envoie un signe d'indépendance aux lecteurs pour juger de la valeur d'un livre à sa lecture plutôt qu'à la reconnaissance d'un prix prestigieux... Cet esprit libre autant que discret est resté fidèle jusqu'au bout à son éditeur José Corti, et ses tirages limités à l'ancienne, ce qui ne l'a pas empêché d'acquérir ses lettres de noblesse auprès des lecteurs ou dans le monde des lettres, pour des écrits d'une grande poésie qui resteront des classiques de la littérature. M. Gracq, qui était célibataire, sera incinéré, selon ses voeux, et la cérémonie sans doute dans l'intimité familiale aura lieu jeudi 27 décembre, au funérarium d'Angers.

L'une des dernières photos de l'écrivain, prise lors d'un repas dans son village natal, en 2006 (photo Jacques Boislève, reproduction interdite).

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Mercredi 19 décembre 2007

Nicole Renard, devant l'oeuvre brodée de sa vie (Reproduction interdite).

C'est une belle histoire, autant qu'une oeuvre d'art unique ! Nicole Renard, 77 ans, en retraite en Vendée, a accepté l'offre du conseil général de Vendée d'exposer dans une chapelle sa gigantesque tapisserie religieuse. Madame Renard a ainsi fait don d'un travail de broderie ininterrompu pendant 24 ans, les textes de saint Jean l'évangéliste retranscrit sur 140 mètres de pages de lin, soit sept rouleaux de vingt mètres : "C'est un chiffre saint, celui de Matthieu qui pardonne soixante-dix fois sept fois", glisse cette dame affable et discrète de Saint-André-Treize-Voies (Vendée, France), hôtelière à Eygalières, dans le sud de la France, puis restauratrice de tapisseries par sa passion et sa connaissance de la broderie. "Je suis heureuse que mon travail, que j'ai fait pour Dieu, soit placé dans la chapelle Saint-Sauveur du XIIe siècle de la Rocheservière, près d'ici. D'autres personnes expriment leur foi autrement, moi je ne savais que broder !". La broderie de Nicole Renard, qui ornera les murs de la petite chapelle au terme de sa restauration, en 2009, est étroitement liée à sa vie et à sa foi.

Enfant à Paris, sa mère lui apprit la broderie, et comme le voulait la tradition Nicole broda son trousseau de mariage. Plus tard, après une formation à l'école hôtelière, elle s'installe avec son mari dans l'hôtellerie à Eygalières. Mais en 1972, le couple se sépare, et Nicole Renard va donner un autre sens à sa vie : "J'avais fait la connaissance des Bobin, qui restauraient des tapisseries à Paris. J'ai tenu l'hôtel encore deux ans seule, et en 1974, j'ai commencé à broder les textes de saint Jean, en points de bourdon, enrichis de reproductions d'icônes ou de peintures qui, elles, sont brodées en points dits passé empiétant. Auparavant, j'avais aussi brodé le linge de l'hôtel !", s'exclame dans un éclat de rire Nicole, qui poursuit. " Les Bobin avaient un atelier de restauration à Paris, où ils travaillaient pour les plus grands musées, et ils remarquèrent mon travail. Ils décidèrent d'ouvrir un atelier à Eygalières, et je fus embauchée à 47 ans ! Nous fûmes jusqu'à seize personnes dans cet atelier de province, qui me permit plus tard de participer à la restauration de tapisseries comme l'Apocalypse d'Angers."

La résurrection de Lazare, extrait de la longue broderie de Nicole Renard (Reproduction interdite).

Et de 1974 à 1998, Nicole Renard poursuivit parallèlement son oeuvre personnelle, véritable prière manuelle qui se termina pour celle-ci en 1998. Soit 140 mètres de lettres saintes et de gravures colorées brodées avec soin, ou si vous préférez 48.000 heures de patience, et quelque 80 kilomètres de fils ! Tout est là, immortalisé sur la chaude toile de lin, du Prologue à l'Apocalypse. Une oeuvre d'abnégation aussi, que Nicole Renard ne destinait pas à d'autres qu'à Dieu. Mais la rencontre à Angers avec un Vendéen proche des services départementaux de Vendée en a décidé autrement. Dans quelques mois, les visiteurs de la chapelle Saint-Sauveur vendéenne méditeront sur un évangile brodé en prière...

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Dimanche 16 décembre 2007

Jacob et Femme Coeur de Tonnerre (Copyright Paramount).

C'est l'un des événements télévisuels en DVD de la rentrée ! La saison 1 de la série américaine "Into the West" (six épisodes de 90 minutes) vient de paraître en Europe en un coffret de quatre DVD (zone 2, en anglais et allemand, mais avec un large choix de sous-titres). Edité par Paramount, il est en vente chez tous les revendeurs habituels. Renouant avec la grande tradition du western à grand spectacle, "Into the West" est bien plus qu'un film de cow-boys et d'Indiens ! Produite par Steven Spielberg, la série est réalisée avec panache et humanité par Robert Dornhelm. Elle a été nommée seize fois lors des Emmy Awards 2006, et plébiscitée par le public autant que par la critique. Rien d'étonnant, quand l'on suit avec émotion le destin de Jacob, qui quitte sa famille pour l'aventure, et découvre la vie aux côtés d'un trappeur humaniste, et à travers les territoires indiens partagés entre traditions et évolutions incertaines... Paysages grandioses, personnages forts et symboliques, scénario ciselé et musique lyrique : tout contribue à en faire une réussite et une leçon humaniste !

Tout commence au temps de la grande conquête de l'Ouest américain et de la ruée vers l'or. 1827, État de Virginie. Le jeune Jacob Wheeler (Matthew Settle) a soif d'aventure. Il décide de quitter sa famille et rejoint un trappeur nommé Jedediah Smith (Josh Brolin) pour une expédition en Californie. Loin de là, un jeune Indien vertueux de la tribu des Lakota, nommé Aimé des Bisons (Simon R. Baker) a des visions sur l'arrivée de l'homme blanc et la mort des troupeaux de bisons. Bien plus tard, quand la soeur de ce dernier, Femme Coeur de Tonnerre (Tonantzin Carmelo) sera sauvée par Jacob, le destin des deux familles s'entremêle à jamais, scellé consciemment ou sans le savoir dans un destin joyeux ou triste, mais toujours tumultueux et imprévu.

Quand une jeune femme de la famille de Jacob va être recueillie par les Indiens, sa vie basculera (Copyright Paramount).

"Into the West" retrace une des époques les plus marquantes de l'histoire des États-Unis, quand le désir d'aventures et de richesse et l'aspiration à une vie meilleure poussent des milliers d'Américains à conquérir l'Ouest, et finalement tous les habitants de ces territoires sauvages verront leur vie bouleversée pour toujours... Plus de 60 ans de l'histoire américaine se déroule sous vos yeux à travers Jacob, ses amis ou ses ennemis : la ruée vers l'or, la création du Pony Express, les débuts du chemin de fer mais aussi les guerres indiennes. Les changements à la frontière de l'Ouest américain ont un impact négatif sur les Indiens. Entre-temps, à l'Est, l'élection du président Abraham Lincoln divise l'Union... La course entre les deux grandes compagnies de chemin de fer américaines, la Central Pacific et l'Union Pacific, commence avec l'installation des rails, reliant l'Est à l'Ouest. Lorsque de l'or est découvert dans les Black Hills, la terre la plus sacrée des Lakota se voit menacée. Le gouvernement réclame des droits sur les mines, mais le chef Sitting Bull s'y oppose. Plus tard, il fait un rêve prémonitoire qui redonne confiance aux Lakota. Sa prémonition devient réelle quand l'ambitieux général Custer et la 7ème de cavalerie s'inclinent devant Crazy Horse et ses guerriers à la bataille de Little Big Horn. Mais la victoire des Lakota ne fait qu'accentuer la haine contre les Indiens parmi ceux qui cherchent à les anéantir... Le casting de "Into the West" est juste. Une série d'exception.

En vidéo, le générique de la série "Into the West", portée par la superbe musique de Geoff Zanelli, l'un des collaborateurs du compositeur Hans Zimmer.

 

Into the West_Saison_1_en_DVD
Vidéo envoyée par pierredavid

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Mardi 11 décembre 2007

L'une des scènes flamboyantes de la Cinéscénie du Puy du Fou, animée par 1.200 acteurs bénévoles à chaque représentation estivale (Photo Puy du Fou).

Le nouvelle a été annoncée aux bénévoles puyfolais qui animent la Cinéscénie du Puy du Fou (Vendée, France), lors de leur assemblée générale annuelle, samedi 8 décembre dernier. Le président de la République présidera la cérémonie du 30e anniversaire du plus grand spectacle vivant du monde, samedi 14 juin 2008. On annonce aux côtés de Nicolas Sarkozy un plateau de personnalités de renommée nationale et internationale, pour marquer avec les responsables puyfolais et les 3.200 bénévoles (acteurs et services), ce qui reste une des plus belles aventures humaines et culturelles de ces trente dernières années... Le chef de l'État, au-delà d'avoir l'occasion de mettre en lumière la réussite unique de cette initiative culturelle associative, devrait aussi saluer l'identité et l'âme vendéennes, marquées par une histoire forte et dramatique à la fois. La Patrouille de France sera également présente, et elle fendra le ciel de son superbe ballet aérien pour la troisième fois sur le site, en 1997 pour les 20 ans du spectacle, et quelques années plus tard.

La Cinéscénie du Puy du Fou a drainé quelque huit millions de spectateurs depuis sa création (385.000 personnes au cours de la saison 2007 en 29 séances), en juin 1977, par un jeune étudiant de l'École nationale d'administration rêvant devant les ruines d'un vieux château Renaissance : Philippe de Villiers. Pourtant, le chemin fut difficile et parsemé d'embûches pour le jeune homme, confronté au départ au specticisme quasi général. Mais le jeune créateur croyait en son idée de raconter 700 ans d'histoire vendéenne à travers le regard du petit Jacques Maupillier, en mettant "l'espace en mouvement" sur cette grande scène naturelle composée par l'étang, le château et les bois environnants. Philippe de Villiers vit bientôt une poignée de fidèles de la première heure l'entourer, du plâtrier Jean-Marie Delahaye ; Francis Ribemont, conservateur des musées vendéens d'alors ; Alain Chrétien, un banquier local ; Hervé Louboutin, un jeune journaliste qui y croit ; Luc Charrier, un jeune fonctionnaire de la Direction départementale de l'Agriculture, et les premiers bénévoles (1). En un mois, Philippe de Villiers dessine la trame du spectacle, véritable film de plein air de près de deux heures. Les premiers tableaux sont présentés au public le 3 décembre 1977, puis les premières répétitions en mai 1978, et enfin la première séance le 16 juin suivant. C'est au départ devant quelques centaines de personnes, puis, rapidement, le bouche à oreille fait le reste. Il faut dire que le jeune étudiant a aussi convaincu les plus grandes voix du cinéma français de narrer l'histoire du petit Jacques, par la voix du marchand de quenouilles colporteur d'histoires (Philippe Noiret), du Moyen âge à la Libération. Il y a aussi Alain Delon, Jean Piat, Robert Hossein, Pierre Zimmer, François Chaumette, Suzanne Flon, etc. Le compositeur Georges Delerue y adjoindra une musique lyrique en 1982, qui durera avec le même succès jusqu'en 2003, où celle de l'Anglo-Américain Nick Glennie-Smith lui a succédé en même temps que l'évolution du spectacle. 30 ans d'évolutions technologiques et de défis humains pour sublimer l'histoire vendéenne dans une véritable superproduction vivante !

(1) À lire : "L'aventure du Puy du Fou", par Philippe de Villiers (C'est ICI, EN HAUT DE LA PAGE D'ACCUEIL, ALLER DANS "SOUVENIRS", PUIS "BOUTIQUE"), chez Albin Michel, livre au bénéfice de l'Académie junior puyfolaise, des écoles du spectacle et des arts.

 

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Dimanche 9 décembre 2007

"Dessin d'un boudoir, côté canapé", de Jean-Jacques Lequeu, entre 1779 et 1795 (Copyright : BnF, département des Estampes et de la photographie).

Jusqu'au 2 mars 2008 (1), la Bibliothèque nationale de France (BnF) ouvre pour la première fois les portes de l'Enfer ! Non ce n'est pas une invitation à supplicier le public, mais bel et bien à le convier à découvrir un lieu mythique parmi ses salles, objet de tous les fantasmes et de bien des interrogations ! Que peut donc bien cacher l'Enfer de la BnF, une "cote" mal famée apparue sous le règne de Louis-Philippe ? Eh bien tout simplement plus de 350 oeuvres libertines, érotiques, voire carrément osées, des gravures, des illustrations anciennes, et autres photographies, parfois de grands artistes, reléguées en Enfer au fil du temps...

Dans les années 1830, les ouvrages imprimés dits "contraires aux bonnes moeurs", publiés sous le manteau, poursuivis ou condamnés, furent ainsi séparés du reste des collections de la Bibliothèque royale et rassemblés sous ce nom à la Réserve des livres rares. Quelques années plus tard, le cabinet des Estampes procède à l'identique, et cette collection pas comme les autres, reflet des secrets ou des fantasmes les plus intimes, a continué de s'enrichir : "Avec l'Enfer, nous entrons dans la littérature telle qu'elle n'a pas été enseignée", expliquent les organisateurs. "De l'Arétin (nom de recueil de représentations licencieuses) aux romans libertins du XVIIIe siècle, le public s'aventure dans un monde imaginaire où les personnages obéissent à toutes les fantaisies du désir. Avec Sade, nous accédons à la volupté quand elle s'accorde avec le crime. Outre Sade, plusieurs grandes figures de la littérature rythme l'exposition, tels Guillaume Appolinaire, à l'origine, en 1913, du premier catalogue imprimé de L'Enfer de la Bibliothèque nationale, Pierre Louÿs, Georges Bataille ou Pierre Guyotat, mais aussi quelques autres acteurs connus et méconnus, ou à jamais anonymes, de la célébration de l'érotisme et du sexe. Pénétrer dans l'Enfer de la BnF, c'est plonger dans l'atmosphère des lieux clos, celle des couvents, des boudoirs, des bordels, des prisons, mais aussi des bibliothèques."

"Histoire de Dom Bougre, portier des Chartreux, écrite par lui-même, 1748 (ici l'une parmi ses gravures exposées). Copyright : BnF, département des Estampes et de la photographie.

Il fallait oser, mais cette exposition, interdite au moins de 16 ans, en dit souvent plus long que des discours sur la façon de nos devanciers d'exprimer leurs désirs, ou tout simplement de disserter en "images" sur les pratiques sexuelles de leurs contemporains (et/ou d'eux-mêmes). Comme le personnage emblématique de Thérèse philosophe, roman publié clandestinement vers 1748, dont l'héroïne s'initie à l'érotisme et se dévergonde au fil de ses lectures et découvertes coquines. Les pamphlets de l'époque révolutionnaire sont quant à eux le reflet des fantasmes pornographiques de tout un peuple sur des personnages publics, en particulier sur Marie-Antoinette, symbole des corruptions de l'Ancien Régime. Ils n'ont rien à envier aux oeuvres illustrées du marquis de Sade, comme La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la Vertu (1797), voire La Philosophie dans le boudoir (1795). L'édition clandestine et le rôle de l'image au XIXe siècle a aussi sa place, entre autres exemples, livres ou estampes érotiques tel Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire, ou la production érotique du peintre et graveur d'origine belge, Félicien Rops, qui mit son talent aussi bien dans les éditions clandestines que dans les estampes libres. Ou Isidore Liseux, libraire parisien qui, de 1876 à 1893, sous le couvert de l'érudition, publia à petit tirage et "pour ses amis", la plupart des grands textes érotiques comme le Kâma Sûtra et des dictionnaires érotiques. Des points audio permettent également d'écouter un ou deux des six poèmes des Fleurs du mal, condamnés par la censure, des poèmes de Femmes de Verlaine et quelques extraits du Dictionnaire érotique moderne d'Alfred Delvau. Un cabinet de curiosité est dédié au sexe masculin avec Dominique Vivant (le baron Denon) et au sexe féminin avec Jean-Jacques Lequeu, complété d'entretiens filmés sur l'approche de l'art érotique et d'extrait du film "Histoire d'Ô" pour aborder encore la flagellation et ses représentations gravées. Éros sort du secret.

(1) Jusqu'au 2 mars 2008, à la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, Quai François-Mauriac, Paris XIIIe. Du mardi au samedi, de 10 h à 19 h, le dimanche de 13 h à 19 h. Fermeture les lundis et jours fériés. Entrée : 7 et 5 euros. Exposition interdite au moins de 16 ans.

A lire : "L'Enfer de la Bibliothèque, Éros au secret", Éditions BnF, sous la direction de Marie-Françoise Quignard et Raymond-Josué Seckel. 470 pages environ, et 150 illustrations. Prix : 38 euros.

"Érotisme et pornographie", Revue de la BnF n°7 - janvier 2001, sous la direction de Marie-Françoise Quignard. Prix : 21,34 euros. Ce numéro présente un dossier consacré aux oeuvres érotiques et pornographiques conservées dans les différentes collections de la BnF, de la Réserve des livres rares au département de l'Audiovisuel.

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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