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Lundi 5 mai 2008


Extrait de "Nous avons bu la même eau", de Serge Avédikian.

Deux événements cinématographiques liés au génocide arménien font l'actualité avec la sortie le 14 mai 2008 du film des frères Taviani : "Le Mas des Alouettes" (UGCDistribution), mais aussi le film de Serge Avédikian, "Nous avons bu la même eau" (Les Films d'Ici), dans le cadre de la sortie en salle et en DVD (ChaletsFilms) de son travail documentaire (voir aussi sur le site de Serge Avédikian, rubrique "Actualités"). Le contexte arménien et son histoire seront d'ailleurs déclinés à l'Espace Saint-Michel (Paris, 5ème), en lien avec les Éditions Arteva, et le parrainage de la Fondation internationale Hrant Dink, lors de quatre rencontres-débats exceptionnelles, du 14 au 20 mai 2008.
Elles auront lieu à l'issue des projections du film d'Avédikian (à 19 h). Objectif : compléter les images édifiantes de "Nous avons bu la même eau" (produit par Les Films d'Ici), par des débats à thèmes. Mercredi 14 mai 2008 : avec Cengiz Aktar et Isabelle Kortian (Fondation internationale Hrant Dink) ; la situation de la société, de l'adhésion à l'Union européenne et de la "question arménienne" en Turquie, avec une vision des proches de Hrant Dink, journaliste assassiné, de l'hebdomadaire turco-arménien Agos. Vendredi 16 mai 2008 : avec Raymond Kevorkian (historien, écrivain) et Hélène Piralian (psychanalyste, écrivain) ; déplacements forcés de populations : chassé de ses terres, quelle place pour la mémoire de l'autre et le deuil ? Samedi 17 mai 2008 : avec Yves Ternon (historien, écrivain) et Laure Coret-Metzger (universitaire) ; le génocide des Arméniens, la Shoah et le génocide des Tutsi au Rwanda : similitudes et différences. Mardi 20 mai 2008 : avec Claire Mouradian (historienne, écrivain) et Bernard Dréano (Helsenki Citizen Assembly) ; les vérités de l'Histoire : comment les hommes peuvent-ils combattre la désinformation, ou venir à bout des tabous ?
Le film documentaire "Nous avons bu la même eau" de Serge Avédikian, en version longue pour les salles et en une plus courte pour la télévision, distribué par Les Films d'Ici, a été écrit et réalisé par Serge Avédikian, en collaboration avec Claire Mouradian et Raymond Kevorkian (conseillers historiques), et la journaliste Burçin Gercek (traduction et documentation). L'acteur réalisateur est allé à Sölöz, village natal de son grand-père Avédis, près de Bursa en Turquie, pour tenter de comprendre "comment l'irréparable avait été commis à l'encontre du peuple arménien dans l'Empire ottoman, l'évolution depuis des consciences et des mémoires, et comment sortir du deuil ensemble."
Le film "Le Mas des Alouettes", sorti en Italie le 23 mars 2007, puis en France notamment, est réalisé par Paolo et Vittorio Taviani (bande-annonce ci-dessous), avec notamment Paz Vega (Nunik Avakian), Angela Molina (Ismene), Tchéky Karyo (Aram), ou André Dussollier (le colonel Arkan). Il relate avec une véracité édifiante le massacre des Arméniens dans l'Empire ottoman par le gouvernement turc d'alors, en 1915 et 1916, premier génocide du XXe siècle pendant la Grande guerre, et est librement adapté par les frères Taviani du premier roman d'Antonia Arslan, Italienne d'origine Arménienne, "Il était une fois en Arménie" (Robert Laffont). Le livre a été couronné par plus de quinze prix : "Dans son livre, elle raconte l'extermination de sa famille. C'est un roman tout autant qu'un document historique. Pour nous, il représente le point de jonction entre les événements du passé et ceux d'aujourd'hui", résument Paolo et Vittorio Taviani, qui rapprochent d'une certaine manière les rouages du génocide arménien des massacres des populations civiles perpétrés notamment en Serbie, au Kosovo ou aujourd'hui au Darfour (Soudan).

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Jeudi 1 mai 2008
Une exposition vendéenne où l'on retrouve Richelieu sous bien des formes (reproduction des photos interdite).

1608-2008 : pour marquer le 400e anniversaire de la nomination de Richelieu (1585-1642), futur ministre de Louis XIII, comme évêque de Luçon (Vendée), le département vendéen vient de lancer l'année Richelieu avec une pléiade de spectacles et d'animations en 2008. Et tout particulièrement une exposition d'envergure nationale à l'Historial de Vendée (Les Lucs-sur-Boulogne), un musée ultramoderne aux portes de Nantes. Une expo qui se déroule jusqu'au 13 juillet 2008, avec un catalogue livre d'art à paraître le 16 mai 2008 (*), et que méritait bien Armand Jean du Plessis, cardinal duc de Richelieu, l'une des figures les plus marquantes de l'histoire de France et aussi l'une des plus ambiguës. Unanimement détesté à sa mort, le premier ministre de Louis XIII et son héritage ont suscité querelles et polémiques, même si ce cardinal ministre botté et cuirassé est devenu au fil du temps un symbole du "grand siècle", puis un héros de roman, de cinéma (notamment "Les Trois mousquetaires"), et même un générateur de produits dérivés (chaussures, billet de banque et autre poêle chauffant nuit et jour)...

Mais Richelieu, ce n'est pas seulement un homme d'État à la poigne de fer dans un gant de velours rouge, c'est aussi un homme d'Église, un homme de guerre (le siège de La Rochelle), un homme particulièrement versé dans les arts aussi, qui aimait la musique, la danse, écrivain et même producteur d'un ballet dansé et chanté ! Le metteur en scène Yves Pignot et Jacques Rampal travaillent d'ailleurs sur une commande du département de la Vendée, une pièce "La Journée des Dupes ou le triomphe de Richelieu" qui sera donnée du 15 au 19 juillet 2008 dans le cloître de la cathédrale de Luçon, puis au Théâtre 14 à Paris, à partir du 16 septembre 2008, avant une tournée nationale. Mais le cardinal légendaire fut également un bâtisseur (la ville de Richelieu en Indre-et-Loire), et il sera à l'origine de la construction du Palais Royal à Paris en bâtissant le Palais Cardinal, qu'il offrira au roi pour lui montrer son humble dévouement et place inférieure dans la hiérarchie protocolaire "royale". Richelieu restaurera et agrandira la Sorbonne à Paris, et y créera l'Académie française en 1634.

Bref, il fallait une exposition grandiose pour illustrer un cardinal ministre aussi prolifique, et l'héritage de Richelieu est décliné à l'Historial de Vendée avec un soin et une richesse uniques. Des tableaux de Philippe de Champaigne, à un canon de 1636 du musée de l'Armée, en passant par les plaques de cuivre de Jacques Gallot sur le siège de La Rochelle, c'est au total une centaine d'objets publics ou privés du monde entier qui émaillent dans un décor de bande dessinée cet expo historique originale. Un petit cinéma a même été reconstitué pour y diffuser un film interview de spécialistes de Richelieu, regroupant aussi des extraits de films où le cardinal a un rôle majeur. Comme tout au long de sa vie.
(*) L'Historial de Vendée est ouvert tous les jours sauf le lundi, de 10 h à 19 h. Livre : "La Légende de Richelieu", ouvrage collectif sous la direction de Françoise Hildesheimer, grande spécialiste de Richelieu, et Christophe Vital, conservateur des musées de Vendée, livre coédité par les Éditions Somogy avec les musées de Vendée. 344 pages, 304 illustrations. 39 euros.

Un document de l'INA ("La caméra explore le temps") : extrait de l'histoire de la conspiration fomentée par le marquis de Cinq-Mars, favori de Louis XIII et son complice de Thou contre le cardinal de Richelieu, et son impitoyable répression par le tout-puissant ministre, en 1642. Conclusion sur cette reconstitution historique par Alain Decaux et André Castelot.

par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Dimanche 27 avril 2008
Élodie Martineau, nouvelle Miss Pays de la Loire, et Laura Tanguy, sa devancière, qui défendra les couleurs de la France au Vietnam (Reproduction interdite).

Samedi, la nouvelle a été annoncée à l'issue de l'élection de Miss Pays de la Loire, au parc des expositions de Cholet (Maine-et-Loire). Mme de Fontenay, accompagnée de la dauphine de Valérie Bègue, Laura Tanguy, a confirmé que c'est au Puy du Fou (Vendée), que se déroulera en décembre prochain l'élection de Miss France 2009. Une nouvelle qui ne pouvait que ravir deux fois ce département de l'Ouest de la France, puisque le titre très envié de Miss Pays de la Loire venait d'être décerné à Élodie Martineau, 21 ans, d'Auzay, une petite commune près de Fontenay-le-Comte, à une heure du Puy du Fou...
Laura Tanguy de son côté défendra les couleurs de la France à l'élection de Miss Univers, au Vietnam, à la place de Valérie Bègue, Miss France 2008, dont des photos suggestives dans le magazine Entrevue avaient hérissé Geneviève de Fontenay... Et le Comité Miss France... La Société Miss France, dirigée par Mme de Fontenay et son fils Xavier, font aujourd'hui partie d'Endemol France, groupe de production audiovisuel. C'est donc dans le plus grand théâtre privé de France, celui du Grand parc du Puy du Fou, que la cérémonie sera retransmise en direct, sur TF1, en décembre 2008. L'immense scène décorée du grand spectacle vivant "Mousquetaire de Richelieu" (la vidéo annonce ci-dessous), donné plusieurs fois par jour au Grand parc, servira d'écrin aux 36 candidates au titre de Miss France 2009. Le grand théâtre puyfolais peut accueillir 3.000 spectateurs, et c'est aussi un petit bijou de technologie, avec une régie et des techniciens capables d'assurer une telle soirée, en lien avec plusieurs centaines de spécialistes qui oeuvrent pour la Société Miss France. Le théâtre à l'italienne et le grand carrousel du Puy du Fou seront un endroit de rêve pour accueillir la dame au chapeau, et les plus belles filles des régions françaises, sous la baguette de Jean-Pierre Foucault, l'animateur vedette. Chaque miss sera présentée auparavant dans une vidéo tournée dans le Grand parc, 4e parc français à thèmes. Une sorte de cerise sur le gâteau d'anniversaire du Puy du Fou qui fête cette année les 30 ans de sa création et de son spectacle phare, la Cinéscénie, avec une grande soirée inaugurale le 14 juin 2008, et 28 séances en juin, juillet, août et septembre 2008.
C'est dans le lieu magique où se déroule "Mousquetaire de Richelieu" que Miss France 2009 sera élue
par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Vendredi 25 avril 2008
Gnafron, Guignol et Madelon, réalisés par Laurent Mourguet vers 1808, leur créateur dont on peut voir quant à lui le portrait en peinture à l'expo du Musée Gadagne de Lyon jusqu'au 18 mai 2008 (©Musée Gadagne/P.Verrier).

La ville de Lyon célèbre cette année le bicentenaire de Guignol, la marionnette la plus célèbre de France, qui incarne toujours l'esprit gaulois et une référence d'humour contre les injustices et la police. Combien de générations se sont amusées, et encore avec la Compagnie des Zouzous, à voir Guignol rosser le gendarme !
Pour la petite histoire, le père de Guignol est Laurent Mourguet, un de ces nombreux canuts, ouvriers de la soie qui, mis au chômage par la Révolution, s'était reconverti en marchand forain, puis en arracheur de dents. Au fil de ses petits boulots, M. Mourguet aurait créé sa première marionnette pour attirer la clientèle par le rire, détourner l'attention du patient au moment d'ôter la dent cariée, voire couvrir ses cris. Il la baptisa Gnafron, du surnom de l'un de ses camarades, le père Thomas, qui buvait beaucoup, avant d'inventer Madelon, la femme de Guignol, ou celle de Gnafron, selon les histoires. Gnafron, coordonnier aimant bien la bouteille et fort en gueule, aurait été enfanté en 1805, avant la naissance de Guignol, officiellement en 1808.
Selon l'humeur des marionnettistes et l'actualité du moment, le théâtre de Guignol était un peu le reflet de l'état d'esprit et des infos locales, une espèce d'exutoire avant l'heure, se dressant en souriant contre les injustices sociales. Guignol, le gone (l'enfant de Lyon), et son équipe libertaire, vont alors écumer les cabarets de Lyon, en pleine révolte des canuts, puis à partir de 1865, sous la plume de Jean-Baptiste Onofrio et la tradition orale, avec un ton moins grivois. Il faut dire que le régime de Napoléon III est passé par là, obligeant depuis juin 1851 les établissements de spectacles à soumettre les textes à la censure, avant les représentations... Puis Guignol "montera" à Paris, dès 1847, dans les jardins du Luxembourg et un nouveau public, les enfants. Et leurs parents.
L'histoire de la famille Mourguet s'étend sur cinq générations de guignolistes, marionnettistes qui ont raconté aussi bien l'histoire des petites gens que celle de la bourgeoisie dans la région lyonnaise. Le théâtre de Guignol est avant tout satirique et destiné aux adultes, avant de s'adapter au jeune public. Au début du 20e siècle, Pierre Neichtauser qui animait le théâtre Quai Saint-Antoine à Lyon fut aussi maire de Brindas, en banlieue lyonnaise. Jean-Guy Mourguet, dernier descendant du créateur et habitant de Brindas, a fait don de sa collection à la Communauté de communes des Vallons du Lyonnais, qui perpétue l'histoire de la famille Mourguet et de la marionnette Guignol. Un musée théâtre est né (c'est LÀ). Il transmet l'histoire de la célèbre famille Mourguet à travers la conservation et la mise en valeur d'une collection ayant acquis aujourd'hui un statut patrimonial, mais aussi d'une manière vivante.
Jusqu'au 18 mai 2008, le musée Gadagne de Lyon présente aussi une expo temporaire sur Guignol, grâce au célèbre marionnettiste Jacques Chesnais. Et puis surtout Guignol a résisté au temps, et trouvé ses dignes successeurs avec les Guignols de Canal +. La Guignolmania a de beaux jours devant elle, l'actu satirique et la parodie aussi.

Les Guignols de Canal +, dignes successeurs de Guignol, qui vit toujours sa vie de son côté encore aujourd'hui (©Musée théâtre Guignol des Vallons du Lyonnais).
par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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Vendredi 18 avril 2008

Réquisitoire de Pierre Desproges dans l'émission radiophonique "Le tribunal des flagrants délires".

"Desproges est mort. Étonnant non ?".
Le 18 avril 1988, c'est ainsi que fut annoncé le décès de Pierre Desproges, en référence à sa célèbre phrase concluant à chaque fois sa "Minute de M. Cyclopède" à la télévision. Vingt ans après, ses blagues corrosives n'ont pas pris une ride. Ce pitre et joyeux drille fut aussi un écrivain d'ouvrages décalés.
Il disait qu'on peut rire de tout mais pas avec tout le monde. Emporté par un cancer, à l'âge de 49 ans, Pierre Desproges est l'auteur de phrases célèbres du genre : "Le cancer est une maladie provoquée par les cancérologues." Ou encore : "L'accouchement est douloureux. Heureusement, la femme tient la main de l'homme. Ainsi, il souffre moins." Et comment résister à celle-ci : "La recherche a besoin d'argent dans deux domaines prioritaires : le cancer et les missiles antimissiles. Pour les missiles antimissiles, il y a les impôts. Pour le cancer, on fait la quête." Desproges était l'alliance du talent et des mots humoristiques ciselés, tapant souvent dur et juste : Dieu, la famille, l'armée, la politique, les racistes, le politiquement correct qu'il préférait incorrect... À la fois pudique et impertinent sous de faux airs d'ado mélancolique, Pierre Desproges s'est en plus fait connaître du grand public à une époque où l'humour caustique n'était pas toujours le bienvenu parmi les égratigné(e)s, et ce dans les années 1970, collaborateur irrésistible dans "Le petit rapporteur", l'émission de télé de Jacques Martin, sur Antenne 2. Auparavant, il avait été enquêteur à l'IFOP, vendeur d'assurances-vie, pronostiqueur hippique, auteur de romans photos pour "La veillée des chaumières" et journaliste à L'Aurore. Avec une émission à lui, "La minute nécessaire de M. Cyclopède", sur France 3.
Au début des années 1980, il entre au "Tribunal des flagrants délires" sur France Inter, où il joue les procureurs. C'est la consécration. Pierre Desproges a écrit une douzaine de livres, dont "Vivons heureux en attendant la mort", ou le "Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis", provocateur anti-conformiste qui n'hésitait pas à s'attaquer aux sujets les plus sensibles. Pierre Desproges est enterré au cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Mais il est toujours bien présent parmi nous avec son humour détonnant qui n'a pas fini d'étonner. Un petit tour sur son site Internet officiel, digne de lui, vous en conviendra (c'est ICI). Ne vous en privez pas.
par Dominique Michonneau publié dans : infos-news-bulletin-reponse
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